jeudi 27 février 2014

[Jeudi québécois #5] Georges Bugnet, Siraf (1934), 1ère partie

La science-fiction ça conserve ! Georges Bugnet né à Châlon-sur-Saône en 1879 émigre au Canada où il est journaliste, écrivain et horticulteur. Il meurt en 1982 à l'âge de 102 ans. Français de naissance, il part au Canada après avoir rencontré un missionnaire. Il ne vécu pas dans les provinces francophones mais dans le Manitoba et en Alberta, anglophones. Il n'empêche qu'il était d'expression francophone.
Parmi ses oeuvres, il faut retenir Siraf publié en 1934 aux éditions du Totem. Le titre complet nous livre le thème du roman : Siraf: étranges révélations: ce qu'on pense de nous par-delà la lune. Il s'agit en effet d'une satire de notre monde par le biais du regard extérieur, sélénite en l’occurrence. L'ouvrage est rare mais par bonheur l'université d'Alberta le propose en consultation sur son site.
Avant de vous lancer dans cette lecture, voici comment il fut perçu à l'époque de sa publication:

SIRAF, par Georges Bugnet, éditions du Totem.— En lisant Georges Bugnet. qui se classe, par la vigueur et la souplesse de son style coloré, au premier rang de nos écrivains, on ne peut s'empêcher d'évoquer « Gog » de Papini. Sans avoir la force et l'ampleur de ce livre justement célèbre, Siraf est une amusante satire de la civilisation contemporaine. Mais on souhaiterait parfois plus de clarté dans les idées. (La Revue Moderne, avril 1935)


Pour lire Siraf en ligne, cliquez ICI 
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mardi 25 février 2014

La Nuit des temps ou l'Elixir de rajeunissement par Albert Robida (1889)

On connait Robida illustrateur, caricaturiste, écrivain. il fut aussi dramaturge avec par exemple cette pièce à grand spectacle en 2 actes et 42 tableaux intitulée La Nuit des temps ou l'Elixir de rajeunissement jouée en 1889. Il s'agit en réalité d'une pièce de théâtre d'ombres. Comme souvent pour ces textes nous n'en trouvons de traces que dans la presse de l'époque. L'article "Au temps du Chat Noir" publié dans le Courrier d'Epidaure en 1939 (soit 40 ans après le spectacle) nous donne ces indications:


La Nuit des temps ou l'Elixir de rajeunissement, pièce à grand spectacle en 2 actes et 42 tableaux, par A. Robida, musique nouvelle et arrangée par M. Albert Tinchant.
« Rien, écrivait le Chat Noir, le 4 mai, ne saurait donner une idée de l'extraordinaire fantaisie de la féerie de l'excellent artiste Robida. » En effet, nul, à part l'auteur, ne prévoyant ce que serait la guerre de demain, ces derniers tableaux provoquèrent une hilarité générale.
XXXVIII. LA VIE AÉRIENNE.
M. Cambrenaz est enlevé en aérocab par la dernière femme non sérieuse et sans diplômes. Il plane au-dessus de Paris transformé par la vie aérienne.
XXXIX. L'INVASION CHINOISE.
Ils arrivent pour déjeuner dans un restaurant établi 8ur la dernière plate-forme d'une tour archi-Eiffelienne. M.. Cambrenaz fait-la carte. Tout à coup, détonations dans le ciel. Un obus tombe sur la table. C'est une invasion aérienne. Des torpilleurs chinois perçant nos croisières aériennes se précipitent sur Paris. l'avant d'un torpilleur chinois pénètre dans le restaurant et emporte M. Cambrenaz accroché à son ancre.
XL. COMBAT NAVAL AÉRIEN.
Bataille! la flotte française, torpédistes, bombardistes, voltigeurs aériens, etc., tombe sur l'escadre chinoise. Des trombes de fer traversent l'atmosphère enflammée. Il y a des éclaboussures pour les gens d'en dessous.
XLI. L'EXPLOSION.
Enfin le torpilleur chinois qui portait toujours Cambrenaz cramponné à son avant saute. Cambrenaz tombe.
Il fallait vraiment que ce Robida fût fou. Depuis, nous avons eu l'heure des gothas, après celle des tziganes, sans parler de la Bertha.

On trouve quelques images sur ce site : Aliénor, conseil des musées ( base de données des collections)

jeudi 20 février 2014

[Jeudi québécois #4] Une critique de La Fin de la Terre d'Emmanuel Desrosiers (1931)

A l'époque où les blogs n'existaient pas ( je vous assure qu'elle a vraiment existé, il y a bien longtemps), le courrier des lecteurs de certains magazines permettait à des critiques en herbe de juger les livres.
Dans le numéro de septembre 1931 de Mon Magazine, une Québécoise partage son regard sur le roman d'anticipation d'Emmanuel Desrosiers La Fin de la Terre et Franceline, responable de la rubrique, lui répond:

ANNETTE DUCHESNE. — Votre lettre fleurant bon la mer m’est ve­nue avec toutes ses douces choses. Grand merci pour tout, tout. J'ai aimé votre petite appréciation, sur "La Fin de la Terre" de monsieur Emmanuel Desrosiers et je la trans­cris ici pour l’auteur qui a la mau­vaise habitude de lire mon courrier, parait-il, et qui se trouvera ainsi à savoir ce que vous penser de lui...

Je partage votre opinion, sur toute la ligne. Le style de "La Fin de la Terre" nous réveille pour ainsi dire par sa force, sa profondeur, et son exclusivité, et l’on est tout étonné quand on ferme le livre d'avoir pu lire tant de pages sur le même sujet scientifique, sans être ennuyé ou fa­tigué. C’est le genre tout à fait ex­ceptionnel de ce volume qui lui a valu tant de succès. A l'oreille, je vous souffle que l’on prépare la seconde édition. Si jamais vous passez à nos bureaux de l’Eclaireur, je me ferai un plaisir de vous présenter M. Des­rosiers. Je passe ce mois-ci, quel­ques-unes de vos chroniques, c'est la balance de celles que j’avais en mains, celles que vous m’annoncez seront donc les bienvenues. Je vous attends bientôt et j’ai hâte de vous revoir.
« Que de neuf, que d'imprévu et d’original dans ce travail qui nous tient en haleine constamment. Les idées sont neuves et brodées de façon si personnelle, si unique, je dirais, et trahissent le talent sérieux de l'au­teur. M. Desrosiers est un des rares écrivains qui sortent des sentiers bat­tus du fade roman populaire et je le félicite de son oeuvre que j'ai aimée sur toute la ligne... »







mercredi 19 février 2014

Que voyez-vous en l'an 2000 ? (1937)

L'an 2000, époque qui paraît déjà bien dépassée qui nourrit parfois la nostalgie, a longtemps fait rêver les hommes. Enquêtes, prospectives, romans, nouvelles ont voulu imaginer cette ère qui semblait lointaine. 
Voici l'exemple d'un article de presse relatant les progrès espérés par les Américains en 1937. A bien regarder, on n'en est pas si loin... La prospective ressemble parfois à la prédiction des voyants mais d'autres fois on peut se dire que l'auteur a visé plutôt juste. Ce qui est amusant, c'est que c'est un ensemble de personnes qui trouve les meilleurs réponses finalement...



Que voyez vous en l’an 2000 ? 

Un professeur de Pennsylvanie, M. Thydall Franch, a eu l'idée intéressante de demander aux citoyens américains la liste des douze objectifs principaux que l'esprit des hommes cherchera à atteindre au cours des cent pro­chaines années. Le nombre de lettres a été considérable. Voici la liste que le professeur a établie d'après les avis de ses correspondants. Les douze premiers objectifs à atteindre sont : 1. La prolongation de la durée de la vie humaine jusqu'à 100 ans. 2. Une rapide et complète guérison du cancer et des arthrites ou rhumatismes.[1] 3. Le moyen de supprimer rapidement toute souffrance physique. 4. La possibilité pour tous de faire le tour du monde en 24 heures sans courir le moindre risque. 5. Transmission de l'électricité sans fil et sans perte. 6. Production en masse d’émetteurs et de récepteurs de radio pas plus grands qu’une montre. 7. Transport dans la lune de machines interstellaires. 8. Création de la lumière solaire artificielle, mais parfaite. 9. Généralisation d’une nourriture chimique. 10. Préservation de la beauté féminine jusqu’à un grand âge. 11. Etablissement du cinéma en couleurs et en relief, donnant une parfaite illusion de la réalité. 12. Invention capable de faire le beau et le mauvais temps à volonté. 

 Article paru dans La Feuille d'avis de Lausanne, n° 262, Samedi 6 novembre 1937

[1] Dans une autre version, ce sont les maladies vénériennes qui sont indiquées au lieu des cancers

mardi 18 février 2014

jeudi 6 février 2014

[Jeudi québécois #3] Napoléon Aubin 2ème partie



ArchéoSF a présenté récemment Napoléon Aubin, le premier auteur québécois de science-fiction ( dès les années 1830).
Son oeuvre conjecturale la plus célèbre est Mon Voyage à la Lune ( 1839 ) dont voici le début (orthographe conservée) nous expliquant le moyen de locomotion utilisé par le narrateur pour arriver sur la Lune:

Voilà longtemps que j'aurais voulu vous entretenir de l'événement miraculeux dont je fus le héros et dont s'est bien peu fallu que vous soyez les innocentes victimes, innocents lecteurs ; mais j'en fus empêché par des objets plus pressants.
Je veux parler de mon fameux voyage à la lune.
Je n'entrerai pas dans de minutieux détails sur les étonnants moyens de locomotion par lesquels je parvins à l'astre resplendissants des nuits. Il me faudrait pour cela vous fatiguer par un cours compliqué d'astronomie, de physique, de lunographie, de manège, de géométrie, d'algèbre, d'atmosphérométrie, d'amphibologie, et même il serait nécessaire que j'empruntasse à Mr. Laurin sa patience jobarde, (c'est à dire de Job), son opiniâtreté asinatoire (du latin asinus) et de plus ses savantes dissertations sur l’alphabet et sur les comètes, choses que je ne ferai point par respect pour les moeurs.
D'ailleurs, je pense faire breveter ma découverte, qui est plutôt accidentelle que résultat d’un calcul, vu que je pourrai la vendre à quelque tête couronnée, attendu que j'ai vu dans la lune des choses étonnantes touchant la science de juger. d'exploiter, de tondre, de piller, d'écorcher, de saigner, d’assommer c'est-à-dire de gouverner les peuples.
Je me contenterai donc de dire comment le hazard ou plutôt une heureuse inspiration me mit sur la voie de monter au Ciel. Il faut d'abord que j'annonce à mes braves amis que le gouverneur, selon le voeu exprimé dans mon second numéro me fit présent d’un de ses chevaux. Ce n’est point un arabe pur sang, ni un coureur de race anglaise ; mais enfin c'est un cheval qui peut fort bien occuper une place entre Pégase et Rossinante. Vous allez croire que je ments ; détrompez-vous. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre cheval.
Aussitôt que mon présent fut remisé à l'étable je me pris à l'examiner ; je lui trouvai l'air sombre, taciturne, comme s’il avait été en proie à un accès de spleen ; je pensai que c’était une habitude contractée avec son premier maître. Le premier essai que j'imaginai pour l'égayer fut de lui faire respirer une dose modérée de gaz hilariant. Bien m'en prit, comme vous allez voir.
Aussitôt qu’il y eut goûté, le gaillard commença par hennir en signe de réjouis­sance à la vue d'un homme de police qu'il prit d’abord pour un de ses amis, mais au nez duquel il ne tarda pas à lever ce que vous savez dès qu’il l'eut reconnu.

Malgré la joie que me causa cette expérience, je remarquai que Griffon (c'est le nom de mon quadrupède) semblait plus léger ; son pied touchait à peine le sol ; il pa­raissait vouloir s'envoler ; ses narines lançaient des éclairs de vapeur et de feu qui lui donnaient un aspect tout-à-fait céleste, olympique ; sa peau qui lui battait mélancoliquement les côtes commença à se roidir et à prendre une apparence diaphane et divine. J'attribuai ces étonnants effets au gaz dont il n'avait cependant pris qu’un foible volume. Je résolus d'en essayer davantage, pensant qu'il ne serait pas impossible d'obtenir par ce moyen des résultats surprenants et même de voyager au milieu des airs. En effet, après avoir administré à mon chien, à mon cher Griffon et à moi-même une copieuse dose de gaz enivrant mélangé d’une portion notable de gaz hydrogène ou air follet, j’enfourchai mon noble coursier et nous voilà partis !

Pour en savoir plus:

mercredi 5 février 2014

Découvrir la littérature de science-fiction à la BnF

La Bibliothèque Nationale de France propose des ateliers gratuits consacrés à la science-fiction.

Public : amateurs de science-fiction (à partir de 16 ans) ; professionnels des bibliothèques
L´Épave du Cynthia. Jules Verne et André Laurie, 1885. Cartonnage de l´éditeur J. Hetzel.
Panorama et historique des collections françaises de science-fiction par un bibliothécaire spécialiste. Ce survol, du Rayon fantastique à Folio SF, en passant par Présence du Futur, Ailleurs et demain ou Anticipation, donnera aux amateurs et aux curieux une idée de l’histoire, l’iconographie et l’évolution du genre en France.

Dates :

  • Samedi 1er mars : 14h30-17h
  • Jeudi 17 avril : 14h30-17h (séance réservée aux professionnels)
  • Mardi 13 mai : 17h15-20h
  • Samedi 14 juin : 14h30-17h

Durée : 2h30
Prix : gratuit

Sur inscription : tél. 01 53 79 49 49 ; courriel visites@bnf.fr 
Rendez-vous : site F.-Mitterrand, hall Est, devant l'accueil

mardi 4 février 2014

Alain Saint-Ogan, Le Talisman pour aller dans l'avenir ( 1949 )

Alain Saint-Ogan est connu pour sa série Zig et Puce qui comprend des épisodes science-fictionnels comme Zig et Puce au XXIe siècle ou Zig et Puce sur Vénus.
D'autres oeuvres de Saint Ogan relèvent de la science fiction. On notera notamment le thème du voyage dans le temps avec La Voiture qui voyage dans le passé et Le Talisman pour aller dans l'avenir dont voici les trois premières planches extraites de la Vie Catholique illustrée ( 1949 )





En 2012, les éditions Regards ont réédité en un album trois histoires parues dans "La vie catholique illustrée": Cyprien et Gédéon (du 18/07/1948 au 19/12/1948) ; La voiture qui voyage dans le passé (du 26/12/1948 au 18/06/1949) ; Le talisman pour aller dans l'avenir (du 26/06/1949 au 09/10/1949)

samedi 1 février 2014

Un bureau en l'an 2000 (1950)

Comment imaginait-on la vie au bureau en l'an 2000 cinquante ans avant? C'est le sujet de cet article. Pourrez-vous citer toutes les inventions prévues qui sont désormais dans notre quotidien?

En cet an de grâce 1950, les commerçants, qui débutèrent dans le négoce en 1900 et même plus simplement avant la Grande Guerre, sont d’ac­cord pour reconnaître qüe jamais ils n’avaient prévu les progrès de l’équipement matériel de bu­reau actuel.
Pour n’en citer que quelques exemples, iis se souviennent du temps où très dogmatiquement on discutait pour savoir si une lettre tapée à la ma­chine ne constituait pas une impolitesse pour les destinataires... si les doubles au carbone avaient une valeur probante devant les tribunaux de Com­merce... si le duplicateur à stencils ne prenait pas une forme de confectionneur de prospectus... si la comptabilité à décalque avait une réelle valeur comptable, etc.
Aujourd’hui, en 1950, il est acquis qu’il est plus correct d’écrire une lettre privée, personnel­le et même intime à la machine, car elle n’impose pas l’incorrection d’une écriture plus ou moins lisible. Et le Magnétophone est en train d’effec­tuer une révolution, non seulement dans la dictée du courrier mais dans l’organisation du travail autrement importante et bouleversante que la très répandue machine à écrire.
Tout cela fait penser que l’homme de 1950, n’est peut-être pas plus capable dans sa généra­lité d’envisager ce que sera le bureau commercial ou privé de l’an 2000 que son aïeul de 1900 n’é­tait susceptible de concevoir le sien. Il y a ce­pendant des améliorations prévues, d’après les actuels travaux de laboratoires industriels et mê­me les avant-projets de prototypes.
Les bureaux actuels, même les plus scientifi­quement étudiés seront largement dépassés. Ils seront semi-circulaires, car il est illogique de les concevoir rectangulaires avec des angles exté­rieurs que l’employé ne peut atteindre ou utiliser. Les sièges que l’on doit pouvoir déplacer facile­ment seront en métaux légers avec assiettes en matières plastiques épousant les formes de l’as­sise humaine.
L’air des bureaux sera climatisé en chaud, froid et hygrométrie : un directeur pourra à tous ins­tants vérifier l’activité de son personnel et la qualité de sa production.
La machine à écrire sera toujours électrique et le rendement sera au moins doublé, sans perte de temps inutile. Il sera facile de transmettre à dis­tance un texte tapé par une dactylo ou d’en don­ner des copies directes en des lieux fort éloignés.
Déjà les P.T.T. de 1950 ont des fils spéciaux et des abonnements pour cela.
Mais l’appareil le plus curieux sera le fichier magnétique — il existe déjà — permettant de con­sulter les comptes et fiches depuis son bureau et de recevoir le renseignement sur un fond de lam­pe électronique spéciale.
Dans tout cela, il y aura cependant quelque chose qui n'aura pas changé : la nature humaine. Et il est vraisemblable que tous ces perfection­nements n’auront apporté aucun changement pra­tique, car c’est une pure vue de l’esprit que d’at­tribuer à la mécanisation à outrance une valeur par elle-même.
L’homme asservit la nature, mais c’est surtout elle qui le transforme en robot, eu ne faisant plus de lui qu’un être sans réflexion, ne sachant plus prendre d’initiative et encore moins de responsa­bilité. On ne raisonne plus, mais on agit selon un règlement en se couvrant par un système de réfé­rence. Or, l’humanité évolue avant tout par ondes enchaînées et l’on a déjà pu vérifier qu’en ma­tière de transports, on a vu les individuelles dili­gences céder la place aux trains ferroviaires, en étroite sujétion du rail et donc des horaires. Or, les ferroviaires ont perdu leur royauté au profit de l’auto et du camion autonome.
Dans l’industrie, après la concentration des ma­chines en usines gigantesques de dizaines de mil­liers d’ouvriers, on assiste à un retour à une sorte d’artisanat individualisé pour la confection à do­micile de pièces normalisées, avec seules chaînes de montage centralisées. C’est même le grand da­da actuel de la décentralisation industrielle. Et alors on se demande si le fameux bureau de l’an 2000 tout électrifié, motorisé, mécanisé, électronisé et super-hyper-rationalisés n’aura pas tout sim­plement disparu. Les hommes peuvent — ce n’est pas une certitude — être devenus sages, loyaux et honnêtes. Plus alors besoin de preuves écrites, de bons de commandes, de factures, de comptes, de copies de lettres.
Un simple petit poste émetteur-récepteur de ra­dio pour prendre les commandes et les passer aux magasins. Peut-être que de son côté la désinté­gration des atomes aura été tellement poussée qu’il suffira d’appuyer sur un bouton et la mar­chandise se dématérialisera, et, sans fil (bien en­tendu) ira-t-elle se reconstituer directement chez le destinataire...



Texte publié dans Journal et feuille d'avis du Valais et de Sion, 28 août 1950