lundi 30 septembre 2013

[Nouveauté] Paris futurs, une anthologie


Aujourd'hui paraît l'anthologie Paris futurs rassemblant divers textes d'anticipation publiés entre 1851 et 1906. Cette anthologie est disponible aux éditions publie.net.


« Paris sera toujours Paris » chantait Maurice Chevalier en 1939. Ville éternelle, ville lumière, Pantruche, Paname... Pourtant nombre d’auteurs ont rêvé d’autres Paris, de Paris du futur. Entre 1851 et 1906 plusieurs auteurs imaginent des Paris futurs. Ces visions sont très variées et naviguent entre utopie sociale, satire et humour... Bienvenue dans ces Paris au futur antérieur !


Couverture réalisée par Roxane Lecomte

Sur le web:
Présentation de l'anthologie Paris futurs
Collection ArchéoSF chez Publie.net 

jeudi 26 septembre 2013

Le tandem dans l'armée ( épisode de la guerre de demain) 1899

A la fin du XIXe siècle, on croyait fermement à l'avenir militaire du vélocipède. En juin 2011, ArchéoSF avait publié l'image d'une statue non pas équestre mais vélocipédique. Danrit prévoyait lui aussi une utilisation efficace du cycle par l'armée ( texte de 1894). Voici dans le supplément illustré du Mémorial d'Amiens numéro 40 daté du 1er octobre 1899, un tandem bien utile car l'on part à deux et l'on revient seul (mais pas en un seul morceau!).






mardi 24 septembre 2013

Mrs Christian Hemmick, En 2013 (1913)

Il est des anticipations que l'on ne connaît que par ouï-dire ou par les critiques dans la presse de l'époque (Gallica est une mine pour cela).
Tel est le cas de 2013 (ou En 2013) de Mrs Christian Hemmick. J'en ai trouvé trace dans deux publications L'Aurore et Le Ménestrel et rien ne semble avoir survécu (texte, références) jusqu'à notre époque. Cette anticipation féministe semble pourtant avoir eu du succès outre-atlantique dans la ville de Washington en 1913.
Une rapide enquête sur la toile semble indiquer que Mrs Christian Hemmick est le peintre Alice Pike Barney qui a été mariée entre 1911 et 1920 à Christian Hemmick. Ses filles Natalie Clifford Barney (célèbre pour son lesbianisme militant) et Laura Dreyfus Barney (mariée au français Hyppolite Dreyfus l'introducteur de la foi baha’ie en France , fondatrice du Comité International des Femmes) – toutes deux ayant de forts liens avec la France (elles sont d'ailleurs enterrées au cimetière de Passy )– ont suivi le militantisme maternel.

2013C'est le titre d'une pièce fort divertissante qu'une suffragette notoire, Mrs Christian Hemmick, fait actuellement représenter à Washington au bénéfice de son parti.sois nous donne une vision du monde tel qu'il sera dans une centaine d'années après la grande révolution féministe. L'égalité des sexes est tout d'abord réalisée dans le costume : les Femmes ont supprimé la jupe, les hommes ont délaissé le pantalon ; tous portent une large culotte orientale joliment bouffante.Le baiser, aboli pour raison supérieure d'hygiène, n'est plus en 2013 qu'un souvenir d'une époque barbare. Les deux héros de la pièce qui se marient au dernier acte se pré- sentent devant le magistrat munis d'un certificat médical, seule pièce exigée des futurs conjoints.Au point de vue purement dramatique, 2013 est une audacieuse tentative... mais c'est un procédé de propagande, au moins inoffensif et plaisant.



Lancelot, « Echos » (extrait), L'Aurore n° 5666, 2/06/1913

En septembre 1909, on peut lire encore au sein de la rubrique "Nouvelles diverses" publiée dans Le Ménestrel (année 79, n° 38, 20/09/1913) ces lignes:


On a représenté dernièrement, sur l'un des théâtres de Washington, une comédie d'une demoiselle Christiane Kernmick, qui est, paraît-il, la directrice du mouvement féministe en cette ville. L'ouvrage, qui a obtenu, dit-on, un succès éclatant, a pour titre En 2013, et forme un tableau du monde tel qu'il sera dans un siècle, quand la révolution féministe aura triomphé de tous les obstacles et réalisé sa destinée. D'abord, et avant tout, égalité parfaite des deux sexes, qui se produira en premier lieu dans le vêtement. Hommes et femmes seront habillés comme les Turcs des mélodrames classiques : amples pantalons bouffants et petit turban. Le baiser est supprimé depuis longtemps par mesure d'hygiène. Femmes, jeunes filles, mères, soeurs et enfants se font le salut de bienvenue ou de départ avec un petit geste de la main, comme chez nous deux amis à distance l'un de l'autre. Mari et femme font la cuisine tous les deux, sans privilège, ensemble ou chacun leur tour. De môme, ils lavent la vaisselle, balayent l'appartement et époussètent les meubles. Il est vrai que l'application d'appareils électriques rend ces diverses opérations très simples : il suffit de placer la machine à l'endroit voulu et de la mettre en mouvement. Naturellement, la gent domestique a complètement disparu (ça, ce n'est pas un mal). Il va sans dire que chacun fait son lit pour son propre compte. Ce qui est intéressant, c'est l'arrivée des fiancés devant le magistrat pour se marier : ici. ni cérémonie, ni parents, ni témoins. Les deux jeunes gens se présentent seuls, montrent un certificat médical qui constate, avec leur bonne santé de corps et d'esprit, leur aptitude au mariage, et cela suffit. Le fonctionnaire voit, approuve, et cette simple approbation consacre le mariage. Rien de plus simple. — Il nous semble qu'il y a là un joli sujet à traiter pour les revues de fin d'année.

A lire sur ArchéoSF (anticipations féministes):

Source des articles: Gallica.

jeudi 19 septembre 2013

Abbé Lucien Vigneron, La Chine en 1990 ( 1894 )

Dans ce court chapitre extrait de Sem, Cham et Japhet : voyage dans trois parties du monde (éditions Mame, 1894), l'abbé Vigneron imagine la Chine en 1990 (soit un siècle après). On y trouve le progrès technique, l'occidentalisation de la Chine et bien sûr la conversion des Célestes...

L'avenir en Chine

Nous sommes en 1990 à Tchong-Kin, dans l'État du Se Tchouan. Le tao-lay, ou inspecteur des préfets, donne une fête à l'occasion de la réception de l'escadre française qui est venue mouiller dans les eaux du Fleuve Bleu, en face de la ville, — car il n'y a plus de rapides, on les a fait sauter avec la dynamite. — Sur terre et sur l'eau c'est une animation extraordinaire. Les drapeaux jaunes et tricolores flottent joyeusement au vent; le canon tonne à bord des frégates chinoises pour répondre au salut des Français. Dans les rues, tirées au cordeau, et sur les larges boulevards une foule joyeuse se presse. La gare centrale des chemins de fer de Tchen-Tou, la capitale de l'État, vomit des flots de voyageurs endimanchés. Chose curieuse, les femmes n'ont plus de petits pieds; ce stupide usage est aboli depuis que la dynastie tartare a vécu; les femmes chinoises maintenant dansent comme en Occident, comme partout. Nos officiers, ce soir au bal de l'hôtel du Gouvernement, n'auront que l'embarras du choix parmi les beautés de Tchong-Kin, et elles ne seront pas les seules à accourir à la fête, dans leurs plus beaux atours ; les dames annamites et thibétaines forment une nombreuse colonie ici; le Tonkin n'est plus qu'à une journée de chemin; la vole ferrée a détruit tous les obstacles.
Avançons. D'élégantes victorias traînées par de bons chevaux ont remplacé les palanquins d'antan ; au- dessus de nos têtes un réseau de fils électriques; à côté de nous des tramways nombreux qui circulent dans toutes les directions; ici une école normale secondaire pour jeunes filles ; là un groupe scolaire; plus loin, le splendide Nouveau-Théâtre, et dans la rue voisine l'Opéra. Où sont les virtuoses qui nous écorchaient les oreilles il y a cent ans? A travers des avenues bordées d'hôtels particuliers construits en pierre de taille, mais clans le goût du pays, nous arrivons à une place où des caractères gigantesques qui ornent les balcons des vérandas nous annoncent les offices des grandes agences et de la fameuse Gazette de l'Ouest, organe des intérêts industriels de la province. Tchong-Kin est célèbre par ses manufactures de soieries et ses usines d'où sort le plus beau cuivre du monde entier. Les magasins de ses boulevards, surtout le soir, éclairés à la lumière électrique, sont des merveilles.
Un régiment de Célestes, vêtus de vareuses jaunes et parfaitement équipés, armés du nouveau fusil à tir rapide, se rend à la grande cathédrale, dont le gros bourdon résonne là-bas dominant tous ces bruits joyeux. Tchong-Kin est presque tout entier converti au catholicisme; ses pagodes sont devenues de magnifiques églises. L'évêque de la ville va chanter un Te Deum solennel pour remercier Dieu de l'arrivée des Français, de vieux alliés depuis cinquante ans.

Abbé Lucien Vigneron, Sem, Cham et Japhet : voyage dans trois parties du monde
Editions A. Mame et fils, 1894, p. 178-179.


mardi 17 septembre 2013

Appel à texte : Dimension Merveilleux scientifique

Appel à texte : Dimension Merveilleux scientifique
(Rivière blanche)


            Depuis déjà une dizaine d’années, le merveilleux scientifique a réalisé un retour en force au sein du monde éditorial, dans la vague du rétro-futurisme. Cette première science-fiction française, ayant précédé la découverte massive du genre anglo-saxon à compter du début des années 1950, a longtemps été négligée ou réduite à quelques auteurs servant de buttes témoins, tels Jules Verne, J.H. Rosny aîné, ou Maurice Renard. Et pourtant, sa profonde richesse est peu à peu remise en lumière à travers des rééditions croissantes, des anthologies comme Chasseurs de chimères ou même la réutilisation de ce patrimoine littéraire dans des bandes-dessinées (La Brigade chimérique, également déclinée en jeu de rôles, L’Homme truqué…) et des nouvelles, comme celles déjà publiées par Rivière blanche (Les Compagnons de l’OmbreLa Nuit du Nyctalope…).
            Il faut dire que de la seconde moitié du XIXe siècle à ses derniers feux, à la fin des années 1940, cette première science-fiction française a produit une masse considérable d’aventures, de personnages et de visions d’un futur rêvé ou cauchemardé. C’est pour affirmer encore davantage toute l’actualité de ce que Maurice Renard avait baptisé de merveilleux scientifique, et pour rendre hommage à cet imaginaire foisonnant qui déborde de formes de vie autres, de mécaniques improbables, de savants fous , tout en étant fortement ancré dans les idéologies dominantes de son temps, que nous lançons cet appel à textes. L’objectif est simple : proposer des nouvelles inédites, ne dépassant pas 40 000 signes, et reprenant personnages, artéfacts, univers ou même auteurs du genre, dans une démarche à la métatextualité assumée et revendiquée.
Le choix est fait de se limiter à la France, où la production a été suffisamment abondante pour stimuler l’imaginaire. Saisissez-vous donc des visions d’un futur incertain (La Mort de la TerreSur l’autre face du monde), des extra-terrestres de Théo Varlet (La Grande panne), des dimensions multiples de Léon Groc (La Planète de cristal), des mystérieux surhommes campés par René Thevenin (Chasseurs d’hommes), identifiez les Vénusiens et les Martiens des Signaux du soleil de Jacques Spitz ou Le Messager de la planète de José Moselli, élucidez ce que sont devenus aujourd’hui les savants du Péril bleu ou les travaux inédits du Docteur Lerne ; ou comment le merveilleux scientifique, à travers une véritable collision avec des problématiques plus contemporaines, peut s’intégrer (ou non) dans un âge de progrès scientifiques ininterrompus, de défiance vis-à-vis des idéologies et de crise généralisée…
            Les auteurs sont également invités, en postface de leur texte, à expliciter leur rencontre avec le merveilleux scientifique et ce qui les a séduits en lui. Nous écartons par contre volontairement le Nyctalope de Jean de La Hire de cette entreprise, dans la mesure où il a été déjà largement mis à l’honneur par Serge Lehman et Gess d’une part, par les éditions Rivière blanche d’autre part. Les textes sont à envoyer à Jean-Guillaume Lanuque (jeanguillaume.lanuque@wanadoo.fr) avant le 1er mai 2014.