samedi 23 février 2013

A. Moullart, Un lycée en 1989 (1884), une refondation de l'école



A sa manière ArchéoSF participe au débat sur la refondation de l'école avec le texte proposé le 28 décembre 1884 par M. A. Moullart, membre de la société savante ayant pour nom l'Académie des sciences, agriculture, commerce, belles-lettres et arts du département de la Somme. Le texte a été publié dans les Mémoires de l'Académie des sciences, agriculture, commerce, belles-lettres et arts du département de la Somme datés 1884.
L'auteur imagine un lycée réformé en 1989 (soit plus d'un siècle après) dans cette anticipation éducative.

Premier épisode ci-dessous:


UN LYCEE EN 1989
par M. A. Moullart
(28 décembre 1884)



Mesdames, Messieurs,

Vous connaissez cet état délicieux d'un sommeil sans fatigue l'on se réveille en achevant un songe commencé. La raison paresseuse encore et sans sévérité, se contente de mettre un peu d'ordre dans les combinaisons ingénieuses de l'imagination qui continue son beau voyage celle-ci était partie sans sa sœur, son guide et sa lumière; elle termine avec elle sa course, conduite un peu, mais plus souvent marchant en avant.
C'est le rêve :
Voici le mien.

A la fin du mois de mai, un matin, je m'achemine vers le lycée de garçons. Il est construit sur le plateau qui borde la vallée dans le faubourg Saint-Pierre. L'architecte a eu à sa disposition un terrain magnifique. D'une terrasse, à la limite, sur les bords de la route de Rivery, on domine nos marais, nos hortillonnages, on voit fuir et se perdre la Somme dans des massifs verts.
J'avais pris le tramway, au bout de la rue Saint-Louis, sur le boulevard extérieur, et traversé la Somme et les Etangs près de la solitude Gresset. Une municipalité active, sans faire crier le contribuable, (je ne sais comment elle s'y est pris), avait achevé le boulevard qui forme une ceinture autour d'Amiens agrandi ; de l'autre côté, il passait à travers le faubourg de Hem, traversait aussi la rivière sur un large pont et tournant derrière le quartier riche et peuplé bâti sur l'emplacement de la Citadelle démolie, il arrivait près du lycée, joindre le réseau de l'Est. La grande voie centrale, qui forme avec les rues de la République, des Sergents, Flatters et Saint-Leu élargies, une artère principale de la cité transformée, amenait les écoliers de l'intérieur de la ville.
Le service est si bien organisé que des points les plus éloignés, il ne faut pas plus de vingt minutes pour arriver en tramway au lycée, l'écolier paie dix centimes par voyage et des abonnements réduisent encore ce prix. J'arrive avec un flot d'élèves ; quelques-uns sont venus en vélocipède.
Tous n'ont pas ce grand trajet à faire autour du lycée, quelques maisons reçoivent des pensionnaires, la plupart ont des jardins spacieux, la loi défend aux maîtres d'avoir plus de cent internes. Du reste des inspecteurs de l'État visitent ces établissements comme ils visitent les usines travaillent des enfants. L'internat est supprimé dans les écoles publiques. On a bien jeté les hauts cris, paraît-il « comment nous allons avoir à nous occuper de nos enfants, il faudra les surveiller, prendre une responsabilité qu'il était si commode de rejeter sur l'Administration ! » Puis après avoir crié, on a trouvé que rien n'était plus simple, les habitants de la ville ont gardé leurs enfants, ceux du dehors ont trouvé pour se charger des leurs des familles amies, des professeurs, les pensionnats. Dans toute la France, d'ailleurs on a ainsi séparé l'instruction de l'éducation.
C'est un spectacle nouveau pour moi que celui de ce grand lycée avec ses vastes constructions, ses cours, ses jardins, ses allées, peuplé de plus de douze cents écoliers. II n'y a pas d'élèves au-dessous de douze ans. Dans les établissements, les seuls que je connusse, j'avais constaté la présence d'innombrables marmots presqu'en robe et je cherchais parfois les nourrices qui en avaient soin. 

A suivre!

dimanche 17 février 2013

Bilan après 18 mois d'ArchéoSF

Après six mois, puis au bout d'an an, j'ai publié quelques statistiques concernant le blog ArchéoSF. je sais que certains blogueurs sont friands de ce genre de choses et je me plie avec bon gré à cette tradition.

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dimanche 10 février 2013

Helica, la voiture à hélice

L'ingéniosité humaine permet parfois de créer des objets tout à fait surprenants. C'est le cas de l'Helica, conçu par un ingénieur nommé Marcel Leyat qui en donna diverses versions entre 1913 et 1926.

vendredi 1 février 2013

Louis Figuier, Les 6 parties du monde

Louis Figuier (1819-1894), célèbre vulgarisateur scientifique de la seconde partie du XIXe siècle, s'est lancé sur le tard (il a alors 60 ans) dans le théâtre scientifique. Si le succès ne fut pas au rendez-vous (loin de là!), il reste les textes des pièces et les affiches des théâtres de l'époque. Les 6 parties du Monde, pièce en 5 actes, fut jouée pour la première fois en 1877. Première tentative dramatique de Figuier, elle est suivie en 1879 puis en 1889 par la publication de deux volumes (Le Théâtre scientifique, 1879, comprend le texte des 6 parties du Monde avec une présentation). 
Avec l'ambition de rendre le théâtre instructif et la science accessible, Louis Figuier ouvre sa présentation de la pièce par une histoire des voyages vers les terres antarctiques. Le sujet de la pièce est le voyage de Dumont d'Urville au Pôle Sud. Louis Figuier tente de mêler drame et comédie (et le résultat relève plus du comique involontaire pour le lecteur d'aujourd'hui que d'autre chose).



Source de l'image: Gallica.