lundi 26 novembre 2012

Enigme du lundi : à quoi sert ce véhicule?

Une nouvelle énigme du lundi sur ArchéoSF avec cette image trouvée sur Gallica.
A quoi sert ce véhicule ?

Source de l'image: Gallica

dimanche 25 novembre 2012

Les dimanches de l'abbé Béthléem 20: février 1910

Vingtième épisode de notre exploration de Romans-Revue dirigée par l'Abbé Bethléem qui proposait au début du XXe siècle une lecture morale (rigoriste même) des parutions récentes (voir la présentation sur ArchéoSF).
Cette semaine, le mois de février 1910.

Comme le numéro précédent, janvier 1910, celui de févier est pauvre en critique de littérature conjecturale. 
A travers les revues propose la critique de trois périodiques: Le Figaro illustré, L'Ouvrier et Les Veillées des chaumières. Le premier est décrit comme « sceptique » (ce n'est pas un compliment) et les deux autres ont l'approbation du critique J. Romain.
Après le théâtre vient une revue des revues allemandes. J'espérais y trouver quelques éléments sur la littérature conjecturale germanique. Bilan : rien.
Il manque dans ce numéro la chronique de R. Varède en raison des inondations de janvier 1910 (la fameuse crue de la Seine) ce qui explique en partie le peu de littérature conjecturale de ce numéro de février.
Un second article est consacré à Modern Bibliothèque mais ne traite que de quelques romans « psychologiques ».
Nous est raconté un débat à la Chambre des députés au cours duquel un député de l'Aube, Paul Meunier attaqua vigoureusement Romans à lire et Romans à proscrire de l'abbé Béthléem.

A dimanche prochain!

mercredi 21 novembre 2012

4e rencontre des blogueurs de l'imaginaire à Sèvres (8 décembre 2012)


Par trois fois, nous nous sommes retrouvés entre blogueurs et contributeurs de forums dédiés aux littératures de l'imaginaire à l'occasion des rencontres de l'imaginaire de Sèvres début décembre. Les prochaines rencontres de l'imaginaire ont lieu le 8 décembre 2012. Nous étions huit en 2009, plus d'une vingtaine en 2010, une bonne trentaine en 2011, combien serons nous cette année?
Il suffit de le dire en laissant un commentaire pour s'inscrire au repas afin de pouvoir retenir des tables dans une brasserie, un restaurant ou tout autre lieu de sustentation gustative.
Isil est chargée de l'organisation pratique sur place (réservation de la table) et moi de la centralisation des inscriptions.

jeudi 15 novembre 2012

William Wardrop, "Albatross" ou Jules Verne version steampunk

William Wardrop est un créateur américain de maquettes militaires notamment de véhicules tirés de la littérature. Son inspiration tend souvent vers le steampunk.
Voici un exemple avec l'Albatros (Albatross en anglais) inspiré de Robur le Conquérant de Jules Verne:



Ses autres créations sont visibles sur son site Steam Noir.

A lire sur ArchéoSF:
Un extrait de Robur le conquérant (avec illustration)

dimanche 11 novembre 2012

Les dimanches de l'abbé Béthléem 19: janvier 1910


Dix-neuvième épisode de notre exploration de Romans-Revue dirigée par l'Abbé Bethléem qui proposait au début du XXe siècle une lecture morale (rigoriste même) des parutions récentes (voir la présentation sur ArchéoSF).
Cette semaine, le mois de janvier 1910.

Le numéro de janvier 1910 ouvre propose la première partie d'un long article : la critique des collections de romans à bon marché. Modern-Bibliothèque (Librairie Arthème Fayard) ouvre le bal avec une présentation générale mais pas de mention de titres relevant de la conjecture romanesque.
On s'amuse à lire l'article sur les « annonces » (ce que nous appelons aujourd'hui les publicités) qui vicient les journaux plus enclins à être amènes avec les annonceurs qu'avec les créateurs et prêts à tout pour décrocher des contrats publicitaires.
On s'intéressera surtout au Post Scriptum de cet article signé Léon Jules:


On s'est étonné de me voir à différentes reprises condamner sévèrement les romans policiers, genre Sherlock Holmes. On m'a accusé d'étroitesse d'esprit, parce que j'avais mis en garde mes lecteurs contre les magazines dû se publient des histoires dé ce genre, Je sais tout et Les lectures pour tous en particulier. Je prie mes honorables critiques de lire ces quelques lignes extraites du Journal des Débats, numéro du 28 décembre 1909. Il s'agit de deux jeunes assassins de Jully, qui, sans raison aucune ont tué cinq personnes : un fermier, sa femme, deux domestiques et une bonne. Le Journal des Débats écrit:
« Les renseignements recueillie dans le canton d'origine (ce sont deux suisses) de ces précoces malfaiteurs nous apprennent que ce sont de détestables lectures qui ont perverti et même aboli en eux tout sens moral.— Dure leçon pour notre amour propre national. Nous sommes très fiers de la « diffusion de l'instruction », dont notre démocratie se fait un saint devoir ; tous les Suisses savent lire ; mais hélas ! que lisent-ils ?
« On peut, avec certitude (1: (1) C'est moi [Léon Jules] qui souligne.), accuser du carnage de Jully la littérature dite « criminelle » (dans la Suisse allemande On l'appelle : « littérature des bas-fonds»), c'est-à-dire ces histoires de vol; de violence et de meurtre, grossièrement enluminées d'images dignes du texte, qui s'étalent depuis quelques années à la devanture des kiosques, et puis, par le colportage, pénètrent jusque dans nos hameaux reculés. »
Est-ce assez décisif ? Peut-être bien voudrait-on reconnaître que le correspondant du Journal des Débats est bien informé et d'esprit plus large que moi. Pourtant il aboutit il est forcé d'aboutir aux mêmes conclusions. Et nunc intelligite reges, erudimini qui judicatis terram. [«Et maintenant, rois, comprenez ; instruisez-vous, vous qui jugez la terre.» ]


La section sur les pièces de théâtre (écrite par Maurice Gilbert) présente Le Tour du monde d'une Orpheline ou Les Bandits de Capetown, pièce en 5 actes et 12 tableaux, de MM. Gabriel Timmory et Maurice Barson dans lequel on peut fabriquer artificiellement des diamants:

Cinq actes et douze tableaux, pour La Tour du Monde d'une Orpheline : on ne peut guère faire le tour du monde à moins. Un bandit a volé la formule du diamant à son inventeur après l'avoir assassiné. Suzanne, la-fille de la victime, se met à sa poursuite, accompagnée de son fiancé, de Florette qui est la joie du voyage et de Coquillet, qui porte les bagages. .
Les scènes pittoresques se succèdent ; on voit fabriquer le diamant, on entend crier les hyènes au Maroc, on assiste à un tremblement de terre à Messine, etc., etc.. Bref, on en a pour les yeux, pour les oreilles et pour l'argent.

« A Travers les romans du mois » (par R. Varède) parle du nouveau prix Goncourt En France signé par les frères Marius-Ary Leblond mais ce n'est pas de la science-fiction contrairement à Force Ennemie de John-Antoine Nau (1903) ou Les Civilisés de Claude Farrère (1905).
De même il est question d'un roman de Rosny, L'Affaire Derive, mais ce n'est pas non plus de la SF.

Finalement un numéro assez pauvre pour l'amateur d'anticipation ancienne mais le dépouillement systématique présente parfois cet inconvénient...

A dimanche prochain!

samedi 10 novembre 2012

Le premier prix Goncourt en numérique ? C'est de l'archéoSF et c'est chez Publie.net


En 1903 le premier prix Goncourt est décerné. Et pas à n'importe quel roman, pensez un roman de science fiction comme on savait les trousser à l'époque! Un inconnu, ou presque, John-Antoine Nau, est couronné par un jury composé de - excusez du peu - Joris-Karl Huysmans, président, Léon Hennique, vice-président ; Rosny aîné, trésorier ; Lucien Descaves, secrétaire ; Octave Mirbeau ; Gustave Geffroy, Léon Daudet, Paul Margueritte, Rosny jeune et Élémir Bourges.

Deux témoignages plus tardifs nous disent la qualité de Force ennemie de cet John-Antoine Nau:
- J.-K. Huysmans : « C’est encore le meilleur que nous ayons couronné »
- Paul Léautaud:  J'ai répété ce que j'ai dit bien des fois, que le prix n'avait été bien donné qu'une fois, la première, à Nau. Son livre pouvait déplaire, être étrange, baroque, etc…, c'était le livre de Nau et non pas de n'importe qui. C'est pour de tels livres qu'est fait le Prix Goncourt. »


La couverture et le codage sont réalisés par Roxane Lecomte.
Chez Publie.net nous sommes très fiers d'offrir ce texte trop rarement réédité. 
Quand j'ai proposé Force ennemie à l'équipe de Publie.net le texte a fait l'unanimité et François Bon a écrit ces quelques mots:

On est abasourdi de la violence, de l'élan, de la langue. On est plongé dans un hôpital psychiatrique (une "maison de santé") de province. Le narrateur est lui-même affecté d'une schizophrénie qui peu à peu l'emporte. 

Le gardien, les docteurs, pratiquent chacun une langue extraordinaire – et surtout Léonard, l'infirmier, mais aussi celui qui va avec son ami le cocher de fiacre alcoolique "serrer" les malades dans leurs crises –. La langue se déforme, se réinvente à souhait pour dire la folie qui la dépasse.
Dans la première partie, les crises du narrateur sont espacées. Lui-même ne se les remémore pas. Alors c'est une description salle par salle de l'asile, de tous ses patients, de leurs discours et leurs comportements, plus de vingt ans avant l'extraordinaire enquête "Chez les fous" d'Albert Londres.
Mais quand sa maladie devient plus insistante, ce qui ronge au-dedans le narrateur et le dédouble devient en soi une histoire dans l'histoire, et la façon dont la science-fiction se mêle à la réalité.
On en sort lessivé, avec des hurlements dedans. Et quel paradoxe que cette joie pourtant, à emmener dans ce lieu mental une langue éblouie, surchauffée…
Force ennemie de John-Antoine Nau est disponible sur le site des éditions Publie.net et bientôt sur toutes les plate-formes et chez tous les libraires numériques. Livre numérique garanti 100% sans DRM.

PS: la semaine prochaine, je vous raconterai la petite histoire de la publication de ce onzième volume de la collection ArchéoSF chez publie.net.

vendredi 9 novembre 2012

Geoffrey X Passover, Les Survivants de l'an 2000 , illustration de Michel Gourlier

Geoffrey X Passover a signé dans les années 1970 plusieurs titres relevant de la science fiction dans la collection (Nouveau) Signe de Piste. Cette collection recueillant plutôt des récits scouts dans lesquels les valeurs de solidarité sont importantes mais aussi les valeurs traditionnelles dans la veine de Serge Dalens et sa série du Prince Eric.
On trouve pourtant quelques textes étonnants comme ceux signés Michel Grimaud (série Rôohr, romans préhistoriques).
Geoffrey X Passover, de son vrai nom Emmanuel Bonfilhon de Regneiris, n'est guère à l'aise dans le genre SF (il a écrit sous divers pseudonymes des romans de genres différents pour Signe de Piste). On gardera peut-être en mémoire les dessins de Michel Gourlier...


mardi 6 novembre 2012

Albert Robida, L'Horloge des siècles


Régulièrement la rubrique RétroSF sur ActuSF présente des textes de science fiction ancienne. En novembre, Albert Robida est à l'honneur.

On admire souvent les gravures et dessins d’Albert Robida (1848-1926), sans toujours savoir d’ailleurs qu’il s’agit de lui. 60 000 dessins, 200 œuvres illustrées, direction de périodiques (comme La Caricature ou le Petit Français illustré), auteur d’environ 70 livres sur divers thèmes, l’œuvre d’Albert Robida est importante en quantité mais aussi en qualité.
Ses illustrations évoquant du futur sont sans cesse reprises d’exposition en ouvrage mais ses fictions sont moins connues. Sa bibliographie est pourtant riche de livres, feuilletons et autres récits du futur dont il assure aussi l’illustration comme Le Vingtième siècleLa Guerre au Vingtième siècleLa Vie électrique
Comme caricaturiste, anticipateur, illustrateur, il aborde de nombreux genres de la science-fiction d’alors de la projection dans le futur au voyage dans le temps comme avec Jadis chez aujourd’hui ou L’Horloge des siècles. Souvent plus audacieux que Jules Verne, il est aussi plus juste dans ses prévisions : il imagine des femmes égales des hommes, un appareil de communication total (le fameux téléphonoscope), des cieux parcourus par des aéroplanes, des rues pleines d’automobiles mais aussi une Terre menacée par la pollution.
La suite est à lire sur ActuSF!

A lire et à voir sur ArchéoSF:
- Au Prix du Grand Palais (gravure d'anticipation de Robida)
- Le Vingtième siècle (gravure d'anticipation de Robida)

lundi 5 novembre 2012

dimanche 4 novembre 2012

Les dimanches de l'abbé Béthléem 18: décembre 1909

Dix-huitième épisode de notre exploration de Romans-Revue dirigée par l'Abbé Bethléem qui proposait au début du XXe siècle une lecture morale (rigoriste même) des parutions récentes (voir la présentation sur ArchéoSF).
Cette semaine, le mois de décembre 1909.


Pour montrer un fois encore l'intérêt que porte, paradoxalement, Romans Revue au roman, lisons ces mots relevés dans ce numéro de décembre: « Il y a des gens d'esprit qui ne peuvent lire de romans. Ils en trouvent la lecture vide et fastidieuse. Qui les en blâmerait ? »

La partie consacrée à l'étude des périodiques (signée Léon Jules et Robert Devannes ) s'arrête sur Le Petit journal illustré , Le Petit Parisien illustré et La Croix illustrée. Rien concernant la littérature conjecturale...

La chronique théâtrale mentionne une pièce policière Nick Carter drame policier en 5 actes et 8 tableaux, de MM. A. Bisson et G. Livet et deux pièces « horribles » du Grand Guignol: Le Hangar de la rue Vicq d'Azir, pièce en 2 tableaux, de MM. Fernand Faure et Edouard Helsey et Horrible Expérience, drame en 2 actes, de MM. André de Lorde et Alfred Bine :

Encore un drame policier : Nick Carter. C'est un nom connu, puisque les exploits de celui qui le porte sont régulièrement racontés dans des publications périodiques. Le Nick Carter de l'Ambigu est attaché à la poursuite du redoutable bandit Melvill, amoureux de la jeune milliardaire miss Dodler. Le tout ne se termine point par un mariage : Melvill est tué par la balle que la jalouse Carmen destinait à miss Dodler. Et le bandit meurt sympathique.
Il est sympathique tout le temps, du reste. Il est si malin et joue de si bons tours à Nick Carter !
Un collaborateur de Romans-Revue a déjà dit ce qu'il fallait penser de ces récits d'aventures au cours desquelles le lecteur est sollicité d'applaudir à l'audace, à l'habileté, à la crânerie des chevaliers du vol et du crime. Nous répéterons après lui qu'il est absolument fâcheux de voir des gens tranquilles crier : bravo ! aux brigands de la scène. Il est vrai que nous vivons à une époque où les faveurs de la foule sont pour les criminels notoires et celles du jury pour les assassins sentimentaux.

Le genre du théâtre du Grand-Guignol, c'est l'Horrible. Le Hangar de la rue Vicq d'Âzir est dans ce genre. M. de Paris, dont les quatre aides ont été trouvés assassinés dans un terrain vague, en engage quatre autres. Or, ces quatre nouveaux manoeuvres sont quatre bandits qui ont à venger leurs « copains». Le bourreau les emmène dans le fameux hangar où se dresse la guillotine et leur donne ses instructions, une leçon de couperet. Alors, pour voir s'ils ont bien profité de la leçon, il leur demande de le ligoter. Il figurera le condamné. Voilà nos quatre apaches qui, soudain, prennent leur rôle au sérieux — ils sont là pour çà —et poussent l'infortuné bourreau sur la bascule.
Ils l'exécutent, se sauvent, et la fille du guillotiné qui vient chercher son père arrive juste pour contempler ce spectacle.
Spectacle bien fait pour charmer le coeur et l'esprit.
L'Horrible expérience, même genre. Le docteur Charrier prétend ressusciter les morts, en remettant leur coeur en mouvement au moyen d'une machine électrique. Sa fille meurt dans un accident d'automobile. En présence de son fiancé, il l'étend donc sur son bureau, essaie d'émouvoir son
coeur de syncopée à l'aide de son instrument. Le cadavre est secoué de mouvements spasmodiques et dans un de ces mouvements le docteur est saisi à la gorge par l'une des mains de sa fille qui l'étrangle.
Ce qui fait deux cadavres au lieu d'un. Toujours le charme de l'esprit et du coeur.

Nous avons introduit cette chronique par une réflexion sur le roman, terminons avec celle-ci sur l'art dramatique: 
"L'esprit du théâtre contemporain, frivole, sensuel, moqueur, est proprement l'esprit diabolique. Il y a un syndicat de malfaiteurs littéraires qui travaillent méthodiquement à la dépravation de l'âme française par le théâtre.
Sous prétexte de vouloir simplement nous distraire, en nous offrant de temps en temps « une soirée », prenons garde d'être leurs complices."
Maurice Gilbert

Numéro de décembre 1909 signifie table des matières pour l'année 1909. Celle-ci compte une centaine de pages indiquant les références des textes parus et critiqués.

A dimanche prochain!

vendredi 2 novembre 2012

Vases Communicants - novembre 2012 - ArchéoSF reçoit Danielle Masson

Chaque mois ont lieu les vases communicants qui consistent à accueillir sur nos blogs des textes d'autres blogueurs. Ce mois-ci ArchéoSF reçoit Danielle Masson dont on peut retrouver les textes aux adresses suivantes:


A partir de trois excipit, nous avons écrit nos textes pour les échanger.

Bonne lecture!



Trois espèces de souvenirs d’enfance ou d’aujourd’hui.

– Clin d’œil –

À mon grand-père qui avait un cerisier dans son jardin.
Depuis qu’il a disparu, je ne peux manger des cerises sans que les larmes ne me montent aux yeux.
Il me manque Pépé.

Je plonge dans mes souvenirs et me retrouve des années en arrière.

Tout d’un coup je pense que ce temps-là était un autre temps.

« C’est vrai, ce n’était qu’un rêve. » de vouloir courir de nouveau dans le jardin enchanté de mon enfance. Maintenant il y a du béton, il paraît.
Très ou trop longtemps que je n’ai pas foulé les artères de ma ville natale.

Je me souviens qu’il y avait des arbres, des arbres et encore des arbres.

Il était un peu poète Pépé, le jardinier aux mains vertes.

Un jour, il me dit, très sérieusement : « Mais puisque les arbres respirent, pourquoi ne riraient-ils pas » quand je lui avais demandé pourquoi les feuilles du saule pleureur frétillaient tant dans la brise d’été.


– Larme au coin de l’œil –

« Celui qui reste retourne dans la maison de Grand-mère ».
Mais nous ne sommes pas restés.
Jamais nous ne sommes retournés dans la maison de Grand-mère.

Nous sommes deux sœurs, vous êtes notre cousin et notre cousine.

Nous les sœurs, nous n’avons rien en commun.
Huit ans ont séparé nos naissances.
Nos chemin de vie ont beaucoup de mal à se croiser.
Tout nous a séparées, surtout la maison de Grand-mère.

Vous, cousin, cousine, combien d’années sans nouvelle de vous.
Trop certainement.
Quand nous reverrons-nous ?
Au prochain enterrement ?
Tout nous a séparés, surtout la maison de Grand-mère.

Vos voix à tous ont été plus fortes que la mienne : le béton a remplacé le cerisier.
Le bulldozer a détruit la maison de Grand-mère.
Je n’ai pas voulu voir cela.

Cela fait longtemps, longtemps que je n’ai pas foulé les artères de ma ville natale.

– Mal au cœur –

« À nous de la rendre intéressante. »

La prochaine lecture,
La prochaine visite,
La prochaine écriture, …
À quoi correspond ce la ?
À la vie, sûrement…

Non, à la peine, à ce qui fait mal quand il y a trop longtemps

Que je n’ai pas vu ton sourire,
Que je n'ai pas entendu ta voix
Que je ne me suis pas blottie dans tes bras

Mal d’être trop loin de toi
Mal de ceux qui te prennent trop de temps
Mal au cœur
Mal de ton absence.
Mal de n’être plus moi.

Et ne me dis pas que j’essaie de me rendre intéressante !

Écoute seulement ton cœur !!!