samedi 30 juin 2012

Cami, Les Amants de l'Entre-Ciel




Que se passera-t-il le jour du Jugement dernier ? Pour Cami, célèbre humoriste, c'est surtout l'occasion de s'amuser et d'amuser le lecteur. Dans Les Amants de l'entre-ciel il imagine le dernier moment de l'espèce humaine et les conséquences qui en découlent. Le problème est qu'il y a beaucoup de monde dans la vallée de Josaphat et qu'il n'est pas facile de juger tout le monde avec le nombre de ressuscités qui arrivent par aérobus pleins à craquer. Il faut aussi prendre ses marques au Paradis, ce qui n'est pas facile quand on a été toute sa vie un pauvre mortel. Et puis le tribunal rendant ses arrêts dans l'urgence certains couples risquent bien d'être séparés pour l'éternité...

Cami, Les Amants de l'Entre-ciel, Editions Baudinière, 1933







Billet publié dans le cadre du Challenge Fins du monde lancé par Tigger Lilly.

vendredi 29 juin 2012

Robert Sabatier et la science-fiction

L'écrivain Robert Sabatier, universellement connu pour Les Allumettes Suédoises, est mort le 28 juin 2012. Il fit parti de ceux qui répondirent aux questions d'Igor et Grichka Bogdanoff pour l'essai L'Effet science-fiction (1979). Voici quelques extraits d'une longue lettre adressée aux frères Bogdanoff en 1975:


Description de cette image, également commentée ci-après« Je me suis souvent aperçu qu’il existait chez bon nombre d’écrivains une méconnaissance totale de ce que l’on appelle la science-fiction. Il est vrai que l’enseignement littéraire traditionnel nous a mal préparés à ce genre, à ces genres. Le propos le plus souvent entendu est “ C’est infantile! ”. Celui qui le tient m’avoue ensuite qu’il a lu une fois un roman de science-fiction et qu’il l’a jugé mauvais. Ma réponse : “ Prenez au hasard des publications un roman dit “ littéraire ” et il y a au moins une chance sur deux pour qu’il vous rebute! ” Le même parlera à tout propos d’imagination, d’ouverture, de rêve, etc., sans s’apercevoir quelle source est à la portée de sa main. Je me suis demandé parfois si, en dehors d’une morale classique, d’une utopie bien écrite, nos compatriotes étaient réceptifs au genre. Si! On salue volontiers le fantastique dès lors qu’il ne dérange pas trop et s’inscrit dans une tradition.

« En ce qui me concerne, je suis acquis à la “ science- fiction ” depuis mes lectures de Guy L’Eclair, la bande dessinée de mon enfance. Je n’oublie pas que j’ai succède à Rosny aîné dans une société littéraire bien connue Tout a commencé chez moi par Verne et Wells et je leur dois mes premiers émerveillements, mais peut-être Pascal m’eût-il suggéré une même évasion. [...]

J'ai plus de goût pour Asimov, celui des trois Fondation, que pour certains space opera trop simplistes. Je m’attache à la fois à la politique ou à la sociologie-fiction et à l’émerveillement scientifique. [...]
Bien sûr, le genre comporte ses dangers. Comme toute littérature, et plus encore, il ne peut s’enliser là sous peine de mort. N’est-ce pas enthousiasmant et dynamique? De plus, en France, il existe un retard à combler par rapport aux pays anglo-saxons. Dans ma bibliothèque, dans celle de ma femme, on trouve des centaines de titres français et américains (Christiane lit tout ce qui paraît outre-Atlantique; elle ne lit d’ailleurs que de la science-fiction depuis quelques années et beaucoup de ses toiles en témoignent). Je lis Fiction et Galaxie depuis les premiers numéros. J’ai aimé la naissance de l’Histoire science-fiction moderne de Jacques Sadoul.
Bon, allez-vous dire, mais pourquoi aimer la science-fiction et ne pas en écrire? Eh bien! cela m’est arrivé et l’a permis de mesurer les difficultés du genre. Je crois pas avoir réussi. Mais cet amour de la science-fiction, cette admiration pour tant d’auteurs (du Rayon fantastique et de Présence du futur, en passant par les collections “ métallisées ”, les anthologies, les clubs, etc.) s'accompagne d’une exigence toujours renouvelée. [...]
« Vous le voyez, je ne désire pas mettre la science- fiction dans un ghetto, pas plus que la littérature d’ailleurs. Et beaucoup d’intérêt s’accompagne d’esprit critique. Sans renier mes émerveillements devant les bandes dessinées (ça continue...), je prends le genre comme sérieux et adulte (mais la bande dessinée est adulte), devant les récits d’évasion, je crois avant tout à la création d’un avenir imaginé. Ce n’est pas à des spécialistes comme vous que je rappellerai que toutes les nouveautés scientifiques ou sociales de notre temps, la fiction les a prévues. Souvent, pas toujours mais souvent, je lis demain dans les livres dits de science-fiction. Ma manière à moi de lire dans les astres. Réalité. Réalisme. Au fond, la science- fiction future nous dira peut-être ce qui fut avant-garde en notre temps. Mais son écriture a encore du retard par rapport à l’écriture de certains poètes ou anti-poètes; je pourrais les nommer, Deguy, Roche (les deux), Noël, Roubaud... Il y a là et en bien des ailleurs quelque nourriture. En retour, la spéculative fiction peut apporter son humus. Nourritures offertes et dégustées à la fois .. »

jeudi 28 juin 2012

L'infirmière automate de l'hôpital Bretonneau (1912)

En 1912 on trouvait à la Une du supplément illustré du Petit Journal (n° 1135, 18 août 1912) une gravure nous montrant Melle Claire, infirmière automate de l'hôpital Bretonneau.

Le Petit journal. Supplément du dimanche

En page intérieure se trouvait cet article:
Il y a à l’hôpital Bretonneau, deux «mademoiselle Claire»: l’une est une vraie infirmière en chair et en os; l’autre est un mannequin animé qui ressemble comme une sœur à cette première mademoiselle Claire. Le créateur de cet automate est un interne de l’hôpital, M. Robert Herdner. La «Mademoiselle Claire» automate pousse devant elle la petite table roulante sur laquelle se trouvent les instruments de chirurgie. Son inventeur la fait venir devant un lit de malade. 

-Mademoiselle Claire, dit-il, donnez moi telle pince.
Et l’automate, d’un geste sec de son bras articulé, saisit la pince et la passe au docteur.
-Mademoiselle Claire, passez moi le bistouri.
Et Mademoiselle Claire passe le bistouri.
-Mademoiselle Claire, passez-moi la lancette. 
Et Mlle Claire passe la lancette. Mlle Claire est un véritable chef-d’œuvre de mécanique qui fit l’admiration et la joie de tous, médecins, malades, infirmières, à commencer par la vraie Mlle Claire qui servit de modèle à l’interne mécanicien pour la construction de son merveilleux automate.
Il s'agit en fait non pas, comme peut le faire penser l'article, d'une espèce d'androïde très évolué mais d'une distraction offerte aux patients. 

Dans la collection ArchéoSF retrouvez le texte L'Automate de Ralph Schropp (1880).


Source de l'image: Gallica

mercredi 27 juin 2012

Michel Ragon, La Cité de l'An 2000

Michel Ragon est surtout connu pour son intérêt pour l'histoire sociale et la littérature prolétarienne mais il est aussi un critique d'architecture important. Quand à 50 ans il passe une thèse elle a pour titre La Pratique architecturale et ses idéologies.
Son idéologie le porte vers l'étude des utopies architecturales des XIXe et XXe siècles. En 1965, il fonde le Groupe Internationale d'Architecture Prospective. De son travail naît l'ouvrage La Cité de l'An 2000 (collection Horizon 2000, éditions Casterman, 1968) qui comprend trois parties: la première didactique a pour titre "l'architecture moderne, qu'est-ce que c'est?", la seconde met en avant les dernières avancées de l'architecture "Ce qui se fait de plus révolutionnaire aujourd'hui" et la dernière est prospective "Les Cités de l'An 2000".
De nombreuses affirmations se sont réalisées (moins de paysans, des villes plus grandes, plus hautes,...) mais l'intérêt aujourd'hui est à la fois historique (le livre est une photographie destinée au grand public à un moment de l'histoire de l'architecture) et artistique (le livre est abondamment illustré par des dessins, des projets, des plans,...).
Lire à 50 ans de distance ce livre c'est se plonger dans une sorte d'uchronie multiple rétrospective nous décrivant ce qu'aurait pu être l'An 2000 avec des images telles que celles présentées ci-dessous.

1/ Des villes-cratères par Jean-Louis Chanéac :


2/ La maison de vacances volantes par Guy Rottier (voir son site internet) qui n'est pas sans rappeler l'aéro-home 


3/ La ville spatio-dynamique de Nicolas Schöffer (voir un site internet qui lui est consacré)


4/ Un intérieur d'une "ville taupe" (Jean-Louis Chanéac)


5/ Les sept "tours Eiffel"



mercredi 20 juin 2012

L'anticipation ancienne chez Rivière Blanche

Rivière Blanche est une maison d'édition dont le nom rend hommage à Fleuve Noir et plus particulièrement aux collections Anticipation et Angoisse.
Rivière blanche publie essentiellement des ouvrages "nostalgiques", reprenant des thèmes ou des textes parus dans les années 1950-1970. Elle propose aussi des textes plus anciens dont voici un petit catalogue non exhaustif :

Arnould Galopin, Le Docteur Omega


Paul Féval, Jean Diable


Jean de la Hire, "Le Nyctalope contre Lucifer" in Nyctalope !


Jean de la Hire, "Rien qu'une nuit..." in La Nuit du Nyctalope



André Mas, Dryméa suivi de Les Allemands sur Vénus


Félicien Champsaur, Homo-Deus



















Signalons que Rivière Blanche propose aussi la collection Baskerville reprenant des textes, souvent inédit en français, de l'époque victoriennes relevant des genres de l'imaginaire.

Le site de Rivière Blanche.

mardi 19 juin 2012

lundi 18 juin 2012

Aérobus ou Baleinobus ?

A la fin du XIXe et au début du XXe siècle nombreux furent les images et textes présentant le futur. Les années 1950, 2000 ou plus loin encore firent rêver nos aïeuls.
En 2000 France Loisirs a réédité quelques images qui sont extraites d'un jeu de patience (un puzzle en fait).

Source des images: Delcampe: le paradis des collectionneurs !

On peut admirer le jeu complet sur le site Jeux ancien de collection.

vendredi 15 juin 2012

Mais à qui appartient le ciel? (1909)

Les inventions posent souvent des problèmes juridiques inédits. Longtemps cantonné au sol, l'homme ne s'est pas posé vraiment la question de la propriété juridique du ciel avant les premiers vols en aérostats. Dès 1784, un règlement de police est publié pour administrer les vols au-dessus de Paris. Mais quand l'aéroplane apparaît, un vide juridique existe pendant de nombreuses années.
En 1909, l'année au cours de laquelle Blériot réalise la première traversée de la Manche avec un "plus lourd que l'air", Charles Louis Julliot pose la question De la propriété du domaine aérien dans un opuscule de 26 pages (tiré à part d'un article paru le 15 décembre 1908 dans La Revue des idées) et évoque un avenir où le ciel sera parcouru par nombre d'aéroplanes, voire d'aérobus !

Prenons d'abord l'hypothèse de propriétés bâties. Personne ne conteste que vous avez la possession de l'espace jusqu'au toit. Mais votre possession s'arrête-t-elle là exactement? Nous ne le pensons pas. Les habitants d'une maison ayant besoin, pour vivre, d'air et de lumière, nous pensons que la possession de l'espace, faute de pouvoir s'étendre en largeur, limitée qu'elle est par le droit du voisin, se propage à une certaine hauteur, au-dessus du sommet de l'édifice. Par la lucarne de sa mansarde, Jenny n'a-t-elle pas droit à tout le jour, tout le soleil, tout l'air qui sont nécessaires à son existence... et à celle de ses fleurs? Malgré toute sa résignation, ne serait-elle pas fondée à se plaindre, elle qui, à la richesse, si l'on en croit la chanson, « préfère ce qui lui vient de Dieu »,à se plaindre, disons-nous, si, à quelques mètres au-dessus de sa lucarne, venait à stationner un dirigeable ou un aéroplane de grandes dimensions, un de ces monstres de l'avenir, auxquels nous donnerons un jour le nom d'aérobus? Ne pourrait-elle pas dire qu'on lui prend son soleil et sa lumière, que les odeurs de pétrole viennent vicier son air, que le bruit du moteur l'étourdit et met en fuite les passereaux de sa gouttière, que l'on plonge enfin chez elle de façon fort indiscrète? Non, la possession de l'espace ne s'arrête pas à la crête du toit. La possession n'est pas toujours une appréhension manuelle ; nous prenons possession de l'espace par la vue, l'odorat,l'ouïe,par nos sens,en un mot,par notre rayonnement, si vous le préférez. Il y aurait inconvenance et presque injure, sur une route largement ouverte, non seulement à vous frôler au passage, mais même à venir vous croiser à une distance de deux ou trois centimètres. De même, le propriétaire d'une terrasse ne peut-il pas dire que sa possession. s'étend, sinon jusqu'à la limite de perception de ses sens, du moins jusqu'à une hauteur telle que l'usage, que pourrait s'en arroger l'aéronaute, ne vienne pas s'opposer à l'usage de celui qui l'a juridiquement en propre. Cependant, direz-vous, l'automobile, qui passe jour et nuit dans la rue, à un mètre de ma fenêtre, vient bien troubler mon repos, vicier mon air, et on ne me reconnaît pas le droit de me plaindre. — Sans examiner la question de savoir s'il n'y a pas des cas où vous pourriez vous plaindre, nous répondrons que la situation n'est pas la même. L'automobile passe sur la voie publique, dont l'usage est à tout le monde; c'est une voie construite en vue précisément de la circulation des véhicules; l'automobile use d'un droit; vous ne pouvez pas invoquer contre lui l'art. 1382 du Code civil; et aussi bien, jusqu'au jour où des règlements de police viendront l'interdire, reconnaissons-nous aux dirigeables et aéroplanes le droit de circuler, non seulement au-dessus des routes et rues du domaine public, mais même dans les rues, entre les deux rangées de maisons, quelque incommodité qui puisse en résulter pour les habitants riverains et la circulation elle-même. Mais il n'en est pas de même de la circulation aérienne, qui se fait à travers votre domaine; ce domaine, si vous l'utilisez, ne doit pas être accessible à tout le monde. Voilà à cruelle conclusion nous aboutissons logiquement; nous aboutissons à dire qu'au-dessus du domaine construit, au-dessus même des plus hauts édifices, il existe une zone minima, dont nous avons la possession, de par l'usage et dans la limite de l'usage que nous en faisons. 

Charles-Louis Julliot, De la Propriété du domaine aérien, L. Larose et L. Tenin, 1909
Source du texte: Gallica
Source de l'image: Delcampe: le paradis des collectionneurs !

jeudi 14 juin 2012

Le Radium de la Méduse (1904)



En 1904, les rayons X, le radium et la radioactivité étaient à la mode. On découvrait alors d'hypothétiques rayons N (qui n'ont jamais existé que dans l'imagination de son inventeur et de son équipe), on imaginait des lorgnons au radium aux propriétés étonnantes, on utilisait même le radium pour séduire !

Les chansonniers s'en donnaient aussi à coeur joie comme le montre cet encart paru dans Lyon Sport n° 330 daté du Samedi 23 Avril 1904 :

Le Concert de l'Horloge, salle prédestinée où le Chat Noir plante habituellement sa tente, a eu cette fois une heureuse aubaine en donnant asile à la compagnie chatnoiresque présidée par Jacques Ferny, MilodeMeyer, Victor Tourtal ; Mmes Gabrielle Dzire, Claudie de Sivry, Monmireille, etc., etc.
Les humoristes et chansonniers montmartrois ont remporté auprès du public lyonnais leur succès accoutumé. Mais ce qui a réuni tous les suffrages a été le Radium de la Méduse, fantaisie-revue de Jacques Ferny et Victor Tourtal, interprété délicieusement par les auteurs accompagnés de la jolie voix de Mlle Dzire.
L'aventure est peu de chose, mais d'un comique irrésistible, avec les couplets sur le radium, découvert par M. et Mme Incurie, découverts eux mêmes par l'étranger ; les plaisanteries sur le répertoire peu folâtre de la musique moderne, les lamentations de Catulle Mendès sur la décadence de l'art dramatique, les tristesses de Millerand en délicatesse avec son parti, l'étonnant discours folâtre de Brisson inaugurant sa présidence, l'explication prodigieuse des événements de Macédoine, le nouveau télégramme urgent, les réhabilitations des condamnés par Jacques Dhur, etc., etc.
On pouffe de rire. On se dit qu'il est heureux de pouvoir entendre des auteurs sachant prendre aussi gaiement les événements les plus tristes. 
As-tu vu le Loop ? est la digne contre-partie de la revue précédente. Il y aura foule à l'Horloge pendant les soirées chatnoiresques.

Les Lyonnais apprécieront sans doute ce petit rappel de l'histoire de leur ville ;)

mercredi 13 juin 2012

Georges Marchais et la science-fiction



Georges Marchais n'est guère connu pour ses goûts littéraires. Il répondit pourtant aux frères Bogdanoff dans leur essai "L"Effet science-fiction. A la recherche d'une définition" paru dans la collection Ailleurs et Demain aux éditions Robert Laffont en 1979 avec ces quelques mots:

" De quoi? Vous voulez que je vous en parle comme ça là, tout de suite? Alors là,... écoutez : soyez raisonnables. Faut quand même pas exagérer. Je viens de parler des Giscard-Barre pendant une demi-heure. Une demi-heure entière ! A présent, je vais quand même pas raconter n'importe quoi sur la science-fiction. Vous avez qu'à demander à Chirac ou aux Giscard-Barre !Ils vous en causeront de suite, eux. Ils connaissent bien le sujet..."

De l'autre côté de l'échiquier politique, Serge Dassault déclarait: "Le meilleur roman de science-fiction que j'aie jamais lu, c'est le Programme commun de gouvernement de la gauche."

lundi 11 juin 2012

Quand Le Formidable événement apparaît dans un roman !


Dans cet extrait du roman Code Lupin. Un Da Vinci code normand de Michel Bussi (éditions PTC, mai 2006, p 71-72, éditions poche disponible aux Editions des Falaises ), est mentionné le livre Le Formidable événement de Maurice Leblanc.

- Vous riez tout seul, professeur ? taquina Paloma.
- Je souris tout au plus. Je repense à Maurice Leblanc. Savez-vous qu’il a imaginé une aventure où une secousse sismique faisait disparaître la Manche. Ici même. Coulant dans la minute tous les navires en mer. 
- Et c'est ce qui vous fait rire ?
Le professeur prit un air résigné : 
- Je suis désolé ma jeune enfant. Il nous en faut peu, nous autres intellectuels. Navré que l’évocation d'un isthme à la place de la mer sur laquelle nous voguons ne vous amuse pas... 
Paloma fronça ses lèvres dans une moue charmante d'institutrice qui cherche à consoler un élève : 
- Ne vous vexez pas, professeur. Je vous assure que ça m’amuse. Beaucoup. Donc, un isthme, vous disiez ? 
Roland Bergton soupira : 
- Oui... Un isthme, que Maurice Leblanc baptisa “isthme de Normandie", et qui apparaît tout d’abord à Dieppe, où résident les héros de ce roman, "Le formidable événement "
- Pas très crédible, tout ceci... 
- Vous avez tort. Maurice Leblanc donne dans ce roman des détails nombreux et très précis de la géologie de la Normandie, du pays de Caux et du Sud de l'Angleterre. 
- Mouais... Pas de Lupin dans ce roman ?
- Pas de Lupin... Mais, par contre, les héros passent leur temps à courir entre la France et l’Angleterre. Notre héros dieppois recherche sa fiancée anglaise, enlevée par un pirate anglais... Une fiancée qui est d’ailleurs présentée comme la descendante de Guillaume le Conquérant !

samedi 9 juin 2012

En couverture(s) : Le Formidable événement de Maurice Leblanc

A l'occasion de la promotion faite par les éditions Publie.net dans le cadre des vendredis e-lire (5 livres à 0,99 euro par titre) jusque lundi 11 juin, ArchéoSF vous offre une galerie d'images des couvertures du Formidable évènement de Maurice Leblanc. Retrouvez ce roman de science fiction dans la collection ArchéoSF et téléchargez-le pour seulement 0,99 euro!
 

vendredi 8 juin 2012

Maurice Leblanc, Le Formidable évènement à 0,99 euro !


Dans le cadre des vendredis e-lire, les éditions Publie.net propose le téléchargement du roman de science fiction Le Formidable évènement pour seulement 0,99 euro.


Sous couverture illustrée et avec une présentation de l'oeuvre, Le Formidable évènement éloigne Maurice Leblanc pour un temps de son personnage Arsène Lupin et l'on découvre les conséquences d'une disparition de la Manche suite à un séisme. L'édition propose le découpage de l'édition pré-originale dans Je Sais Tout en 1920.
Profitez du tarif exceptionnel de 0,99 euro c'est à partir d'aujourd'hui et jusque lundi !
Les week-ends chez Publie.net durent du vendredi au lundi (et on ne compte pas les ponts!), du coup vous aurez le temps de découvrir les autres textes proposés dans le cadre de cette opération:


Arnaud Maïsetti, Où que je sois encore.
Daniel Bourrion, Incipit
Hubert Guillaud, Est-ce que la technologie sauvera le monde (avec Rémi Sussan et Xavier de la Porte)
Patrick de Friberg, Homo Futuris




jeudi 7 juin 2012

mercredi 6 juin 2012

Un voyage au ciel qui finit bien mal

Les oeuvres de Jules Verne dans la collection la Bibliothèque Verte ont été notamment illustrées par André Galland. Dans le recueil Le Docteur Ox (collection Bibliothèque Verte, Hachette, 1938) qui regroupe "Une fantaisie du Docteur Ox", Maître Zacharius, " "Un Drame dans les airs" et "Un hivernage dans les glaces", on trouve cette illustration de la troisième nouvelle avec un fou qui saute de la nacelle d'un ballon aérostatique.





Les amateurs de fictions aérostatiques pourront lire Voyage au ciel (1841) de Samuel-Henry Berthoud réédité par Publie.net il y a tout juste un an.

mardi 5 juin 2012

La première course d'obstacles [Préhistoire]

Sur ArchéoSF on aime le roman préhistorique, genre porté au sommet par JH Rosny Aîné (avec la célèbre Guerre du feu et de nombreuses autres histoires réunies en cycles).
ArchéoSF vous propose un document des plus importants pour l'histoire de l'Humanité et du sport:
on a en effet retrouvé le dessin de la première course d'obstacles! Mêlant des animaux de diverses espèces montés par des hommes préhistoriques, ce dessin a été publié en 1901 dans Life, édition de New York. Merci à Guy de me l'avoir transmis.

La fiction préhistorique sur ArchéoSF c'est aussi:
A. Portier, Une chasse préhistorique à l'époque Magdalénienne (1937-1938)
André Romane, La plus belle conquête (1931)
Robert Black, Une fantaisie préhistorique (1967)

vendredi 1 juin 2012

Fernand Kolney, L'Amour dans cinq mille ans


Fernand Kolney, écrivain et polémiste d'inclination anarchiste et spécialiste de la littérature libertine des XVIIe et XVIIIe siècles a publié une oeuvre d'anticipation: L'Amour dans cinq mille ans (première version en 1905 et seconde version en 1928).

Dans un monde post-apocalyptique, les naissances se font par insémination artificielle et l'amour a été banni. Pourtant tout se dérègle quand le grand procréateur utilise de vieux germes corrompus datant du XXe siècle et les pulsions humaines se réveillent entraînant la fin du monde. Mais c'est en fait une seconde apocalypse. La première a été provoquée par des Martiens un peu énervés par les bains de sang successifs qui ont eu lieu sur Terre:

« les habitants de Mars, justement indignés [par les multiples guerres sur Terre], décidèrent d’en finir avec notre sphère infectieuse, exclusivement déléguée, il fallait le croire, à la véhiculation des monstres et des aliénés... Grâce à la photographie inter-astrale, ils avaient pu lever des images parfaites de ce qui se passait ici-bas. Et comme nous avions épuisé depuis longtemps le crédit de leur patience, ils se déterminèrent, par souci de prophylaxie cosmique, à nous exterminer sans pitié ni délai. Oui, ils résolurent de purger le système solaire d’un globe scélérat qui en était la honte et la désolation... Sans plus tarder, ils se mirent à l’œuvre, et réussirent à transformer leur planète en une sorte de fabuleuse machine électrique dont le mouvement de rotation, par frottement contré l’atmosphère en partie dissociée, dégagea dès lors un fluide vertigineux, lequel tomba sur nous à l’improviste. Le cataclysme magnétique nous prit dans ses étreintes, nous jeta pantelants dans le creuset des Espaces, nous malaxa dans le sein de l’Univers transformé en baratte d’épouvante, et le choc en retour fut tel qu’il donna des syncopes à la gravitation et ébrécha le Soleil... »


Si le texte n'a pas été réédité depuis 1928 en France, il a été adapté en anglais par les éditions Black Coat press qui doivent publier en avril 2013 le texte revu par Brian M. Stableford sous une fort jolie couverture de Jean-Félix Lyon récemment disparu.



Une chronique plus longue est à paraître dans le n° 18 de Galaxies Science Fiction.