lundi 30 avril 2012

Enigme : à quoi sert cette machine?

Petit jeu avec une gravure extraire du n° 1 de La Science et la Vie (avril 1913): à quoi peut donc bien servir cette machine ?



Réponse la semaine prochaine ! En attendant toutes les propositions peuvent être déposées en commentaire. Amusez-vous bien !


dimanche 29 avril 2012

Rider Haggard, Les Mines du roi Salomon


Sur ArchéoSF on aime les mondes et civilisations disparus et autres mondes perdus. L'un des grands romans de ce genre est signé Henry Rider Haggard et a pour titre Les Mines du roi Salomon. Publié en 1885, Les Mines du roi Salomon raconte l'expédition menée par Allan Quatermain au coeur de l'Afrique et la découverte des fabuleuses mines de diamant. Adapté de multiples fois au cinéma, le roman doit figurer dans toute bonne bibliothèque de l'amateur d'aventures mystérieuses.

Dans la collection La Bibliothèque Verte, on pouvait trouver une carte du parcours de l'expédition. 







vendredi 27 avril 2012

Des télécartes... SF !

Les télécartes ont servi de supports publicitaires pour une multitude de marques, organisations, institutions. Elles proposent aussi quelques incursions dans le domaine de la science fiction.



Source des images: Delcampe: le paradis des collectionneurs !

samedi 21 avril 2012

Chocolat Lombart : les petits ramoneurs dans vingt ans

Les Chocolat Lombart ont proposé plusieurs séries de cartes présentant des anticipations. Ainsi furent imaginés les petits ramoneurs dans vingt ans;... avec l'indispensable aéroplane.



Une autre série: Comment vivrons nos arrières neveux en l'an 2012?
- Véhicule aérien
Retour de la Lune
Aéronef de livraison
Sous-Marin

Source de l'image: Delcampe

jeudi 19 avril 2012

Galaxies science-fiction n° 16

Galaxies science-fiction n° 16 vient de paraître. Le dossier principal est consacré à Jacques Boireau (bibliographie sur BDFI), récemment disparu. Le second dossier est intitulé "Paroles d'anthologistes". Nouvelles et chroniques sont comme toujours au rendez-vous (voir sommaire plus bas).

Editorial par Pierre Gévart:


Diriger une revue qui publie des nouvelles de science-fiction, c’est d’une certaine manière (et même d’une manière certaine) faire œuvre d’anthologiste. C’est sans doute ce qui a conduit Patrice Lajoye, rédacteur en chef de Géante rouge, à proposer à Galaxies un dossier-enquête sur le sujet. Il est vrai aussi que son activité, notamment en ce qui concerne la littérature russe, est celle d’un anthologiste. Mais il y a également, chez l’anthologiste, un soupçon d’esprit de collection, un désir de rassembler, une volonté de faire exister, et coexister, des auteurs. Drôle de position que celle-là, qui conduit à s’effacer, alors qu’on a joué un rôle souvent déterminant dans l’émergence d’une plume, d’une écriture, d’un récit. En jouant, à la Lacan, sur les assemblages de mots, on pourrait dire aussi qu’il ya dans le mariage des textes et de l’anthologiste la production d’un antho-mots-logiste de la nouvelle. Un Fabre d’un genre nouveau qui prend plaisir à décrire des espèces nouvelles, et à les exposer dans des vitrines en forme de recueils. Comme Fabre, ces anthologistes se décident enfin ici à se révéler, et, répondant aux questions, délivrent au questionneur les secrets de leur passion. Une passion souvent assez dévorante pour mettre sous le boisseau leur propre envie d’écrire. Découvrez donc ces interviews croisées des assembleurs du rêve, des révélateurs de talents, des collectionneurs d’idées et d’auteurs.
Des idées, et de l’envie d’écrire, il n’en manquait pas, Jacques Boireau. Les habitués du fandom se souviendront de sa longue silhouette, de ses yeux, de ses textes. Le monde de la science-fiction est aussi fait, comme celui de toute littérature, de ces écrivains qui n’ont jamais vraiment rencontré leur public. Jacques Boireau, qui a quitté cette scène il y a maintenant une année, a écrit, a été publié, mais n’a pas vraiment trouvé au firmament de l’écriture le succès qui eût dû être le sien. Pourtant, il a rencontré un public, mais peut-être au moment où ce public était moins disponible, peut-être avec un genre qui venait un peu en décalage sur les besoins du moment, peut-être avec trop de faim d’écrire pour un lectorat trop vite rassasié. Il avait conçu une cer-taine amertume qui fait plus que transparaître dans le texte et l’interview recueillis par Richard Comballot dès 1985, et qui complètent ce dossier. La brève nouvelle qui l’accompagne rend heureusement témoignage de l’acuité et de l’efficacité de son écriture.
D’une certaine manière, la nouvelle de Ramiro Sanchiz, traduite par Jacques Fuentealba, nous renvoie à ces œuvres non écrites, ou égarées, à ces auteurs disparus. Elle nous renvoie aussi à l’esprit du collectionneur-anthologiste avec cette librairie perdue à la croisée des mondes où nous entraîne un texte prenant, un véritable hommage à Borges, un rêve de bibliophile. On se retrouve ici avec une science-fiction mâtinée de fantastique, bien propre au monde hispanique, ce monde d’entre deux mondes qui ne peut se penser en dehors de la science-fiction.
Peut-être faudrait-il se rendre dans la librairie de Sanchiz pour déni-cher la nouvelle perdue de Mary Shelley qu’exhume ici Mike Resnick. Le dilemme du monstre de Frankenstein était la solitude, et l’impossibilité de nouer des relations humaines fondées sur autre chose que le dégoût ou la terreur. Sauf avec la solution choisie ici, et soutenue par l’épouse du Docteur.
C’est finalement une version moderne et sans doute plus effrayante encore de ces êtres artificiels que vient ensuite nous donner Patrice Lussian, dont on se souvient du «Septième jour », dans un récent Galaxies. Futur déshumanisé, futur sans espoir aussi que celui que dépeint Moussa Ould Ebnou, écrivain et philosophe africain que nous accueillons ici pour la première fois.
Bonne lecture !


Sommaire:

  • Nouvelles
    • Les autres livres - Ramiro Sanchiz
    • La Fiancée de Frankenstein - Mike Resnick
    • Représailles - Patrice Lussian
    • Voyage dans l’outre-temps - Moussa Ould Ebnou
  • Dossier : Hommage à Jacques Boireau
    • Jacques Boireau, enfant d’Ibn Khaldoûn - Michel Lamart
    • Entretien avec Jacques Boireau (1985) - Richard Comballot
    • L’Écrivain, le Peigne, la Machine à écrire et la Girafe - Jacques Boireau
    • Bibliographie
    • Pédales virtuelles - Jacques Boireau
  • Enquête : Paroles d’anthologistes
    • Article et entretiens réunis par Patrice Lajoye
  • Rubriques
    • Illustration - Jean-Félix Lyon
    • Une Lettre de l’Inde 3 - Arvind Mishra
    • Le Bouquineur : Les Mystères de Vichy (1932) - Philippe Ethuin
    • Quatre fois seize - HVG
    • Notes de lecture - Laurianne Gourrier
    • (S)Trips - Alain Dartevelle
    • Flash Infini N°23


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mercredi 18 avril 2012

Tancrède Vallerey, Un mois sous la mer [réédition]


Après la réédition d'oeuvres de Gustave Le Rouge, Léon Groc, Jules Lermina,... les Moutons électriques éditeurs proposent un nouveau texte d'anticipation ancienne: Tancrède Vallerey, Un mois sous les mers.


Présentation de l'éditeur:



« Ne sommes-nous pas récompensés de nos efforts ? Avons-nous été fous de braver la sottise des hommes ? De mépriser la haine et la calomnie ? Ce que vous voyez-là n’est sans doute que la frontière d’un immense royaume sous-marin... un royaume que nous allons visiter ensemble, dont nous allons emporter des photographies, dont nous ferons la description dans notre journal de route et que demain nous révélerons aux physiciens modernes. »
Un mois sous les mers de Tancrède Vallerey, constitue un fort bel exemple de la vivacité de la littérature populaire française de l’entre-deux-guerres. Paru en 1937, il démontre avec suspense et une propension à l’émerveillement peu commune que la science-fiction existait en France, sous sa forme actuelle, sans référence obligée à un genre que les Américains s’approprièrent. Les références de Vallerey, ce sont plutôt les récits de Rosny aîné et ceux d’H. G. Wells, donc une tradition spéculative bien européenne — mais le « sense of wonder » est bien là. Narrant les péripéties d’un voyage, non pas dansles grands fonds marins mais bien en-dessous, ce texte faussement linéaire surprend par sa modernité et son implacable mécanique, qui embarque imperceptiblement le lecteur vers une conclusion digne des plus grands classiques.

mardi 17 avril 2012

La Cité du futur, 1910

La couverture de la revue d'art Dada reprend l'illustration Cité du futur réalisée par Harvey Wiley Corbett en 1910 sur laquelle est insérée les personnages "pixel" de Laurent Bazart.


D'autres images du New York futur peuvent être admirées ICI.


La Cité de l'architecture propose une exposition Circuler. Quand nos mouvements façonnent les villes (du 4 avril au 26 août 2012) avec une affiche très inspirée de celle qui précède (merci à  )


pic.twitter.com/f9z7Ww0I

lundi 16 avril 2012

Marc Andiol, Le Paradis de l'homme (2) [ La Revue socialiste ]

La semaine dernière, ArchéoSF publiait une critique du roman des temps prochains Le Paradis de l'homme de Marc Andiol (1903). Voici une seconde critique, plus sévère (et pour cause), publiée dans La Revue socialiste en 1903:



Le Paradis de l'Homme, par MARC ANDIOL. Roman des temps prochains. Un volume in-16. Perrin et Cie éditeurs.
On a déjà souvent écrit des romans pour prédire combien la vie serait agréable dans les temps futurs, quand les progrès de la science joints à. ceux du socialisme
auraient achevé d'assurer le bonheur de l'humanité. M. Marc Andiol, esprit chagrin hanté des vieilleries du passé, prétend nous montrer combien l'avenir deviendra intolérable, si les hommes s'obstinent, comme ils font depuis cent ans à placer le progrès dans le développement des machines ou dans la multiplication des articles de lois. On voit d'ici la thèse et l'on saisit à quelle inspiration M. Andiol obéit. Heureusement l'électricité et les découvertes scientifiques ne se laisseront pas arrêter par les malédictions chagrines de quelques littérateurs fantaisistes qui sont bien aises de jouir du confort de la société moderne, mais qui enragent de la partager avec le commun des mortels à qui le progrès des machines les rend accessibles et familières.

jeudi 12 avril 2012

H. de Brugière, Les Aventures d'un automate 1, Un extraordinaire mendiant

Le Journal de Toto est surtout connu des amateurs de bande dessinée ancienne mais il contenait aussi de nombreux contes, nouvelles ou romans en feuilleton. H. de Bruguière signa une série de contes dans le périodique Le Journal de Toto sous le titre génériques Les Aventures d'un automate.  Voici le premier d'entre eux paru dans le n° 3 daté du 25 mars 1937.



Un extraordinaire mendiant




Le savant Kokoupof avait possédé une fort jolie fortune, mais s'était ruiné dans ses recherches et ses essais pour la construction d'un automate, qui était, aujourd’hui, parfaitement au point, ressemblant à s’y méprendre à un homme et qu'il manœuvrait au moyen d’appareils émettant des ondes, appareils cachés dans une serviette portative.
Son ami Ragouski était encore moins argenté que lui.
Ce matin-là, les deux hommes se trouvaient fort en peine. Ils n’avaient pas même de quoi parer aux dépenses du déjeuner. Ragouski, en arrivant chez son ami, déclara :-
 J'ai cherché toute la journée d’hier des subsides. Je n’ai pas trouvé un sou ; mais j’ai trouvé un nom pour ton automate. 
Ce n'est pas ce qui nous engraissera beaucoup. Dis toujours. 
- Il faut l’appeler Manitou.
- Manitou ! Manitou ! Pourquoi Manitou?
Parce qu’on pourra lui faire,faire toutes sortes de besognes. Ce sera notre grand manitou.
Oui, il est grand temps de nous, enrichir par Manitou, puisque Manitou il y a, après avoir été ruiné par lui. En attendant, je vais tâcher d'emprunter quelque argent à un ami. Il est dix heures je serai de retour à midi. Reviens déjeuner avec nous... à la fortune du pot.


Michel, le fils du savant Kokoupof,avait entendu la conversation entre son père et Ragouski. Michel était un gamin d'une douzaine d'années, à l'esprit éveillé. Il s’en fallait que Kokoupof, distrait et le cerveau toujours absorbé par quelque idée fixe, lui eut donné une bonne éducation. Michel se présentait sans souci d’étiquette, les cheveux ébouriffés, les vêtements déchirés et rempli de taches. En revanche, il montrait une intelligence précoce et savait infiniment de choses, si bien que son père l'avait admis comme aide dans la construction de Manitou.
En apprenant la détresse financière de la maison, l’enfant conçut une idée; et, dès qu'il fut seul, la mit aussitôt à exécution. Il était tout aussi défendu à Michel de toucher à l'automate qu'à la femme de Barbe-Bleue d’entrer dans le cabinet secret. Mais, tout comme la femme de Barbe-Bleue, Michel était curieux et désobéissant.
Kokoupof parti, il ouvrit le placard dans lequel était remisé Manitou et enveloppa la tête du mannequin de linges, aussi bien que l'eut fait une infirmière. Puis, avisant un grand carton, il écrivit dessus en grosses lettres:
« Ayez pitié d’un pauvre sourd et muet. »
Il accrocha le carton sur la poitrine de Manitou et, comme il savait se servir à peu prés de lu fameuse serviette contenant l'appareil dont les rayons manœuvraient le mannequin, il fit sortir celui-ci devant lui. Dehors, à quelque cent mètres de la maison, se trouvait un banc. Michel parvint sans mal à y faire asseoir Manitou, la tte couverte de ses linges, sa pancarte bien-visible et son chapeau tendu à la main. .
Derrière un arbre, le gamin attendit. Les passants ne paraissaient pas trop généreux ce matin-là. Ils marchaient très vite en arrivant à la hauteur du faux mendiant, ne jetant même pus un regard en coulisse vers lui. Cependant un myope s’arrêta pour lire : « Ayez, pitié d’un pauvre sourd-muet. » Mais, comme il ne mettait pas, pour si peu, la main au gousset.
Michel eut l’idée d’une farce. Il envoya à Manitou les rayons nécessaires pour faire marcher le phonographe contenu dans sa poitrine. Et, tout à coup, au nez du myope, le pseudo sourd-muet clama — disque militaire qu’avait placé Kokoupof pour une expérience :
Garde à vous ! Fixe !
- C’est un fou ! s’écria le myope en s'enfuyant à toutes jambes.
Peu après, deux jeunes filles mirent leur obole dans le chapeau, puis un bossu, puis, successivement, trois messieurs.
- Le bon exemple est contagieux, observa Michel.
Survint une vieille dame apitoyée.
- Vous avez faim, mon pauvre ami? demanda-t-elle à Manitou, comme s’il pouvait l'entendre. Venez avec moi chez le boulanger.
Puis elle se ravisa :
- C’est vrai, vous êtes sourd-muet...
Elle tenta alors d’une mimique désordonnée, montrant, à plusieurs reprises, la boutique du boulanger-pâtissier voisin. Michel, à défaut de Manitou, comprit et fit le nécessaire pour que l’automate se levât, et suivît la vieille dame. Tous deux entrèrent chez le boulanger.
- Donnez un pain à ce malheureux ! commanda la charitable personne.
Mais .Manitou, actionné par Michel, resté devant la porte, mit la main sur une tarte à la crème.
- Eh bien I ne vous gênez pas, s’exclama la vieille daine. Reposez tout de suite ce gâteau.
- Non, par exemple, intervint la boulangère. Un gâteau touché par les mains sales d’un mendiant, je n’en veux plus. ,
Mais la vieille dame était véritablement bonne et, regrettant son premier mouvement d'humeur, elle déclara :
- Evidemment, ce pauvre homme peut bien avoir envie d'un gâteau, laissez-le-lui.
Elle paya et disparut. Ce fut une excellente affaire pour Michel qui .dévora la tarte à la crème tandis que Manitou reprenait sa place sur le banc.
Une heure après, le gamin avait déjà récolté douze francs dans le chapeau do l’automate :
- De quoi acheter du jambon pour le déjeuner, pensa l’enfant.
A ce moment parurent trois personnes, un homme et deux dames, qui s'arrêtèrent devant Manitou.
- Oh ! Oh I voilà un individu qui me parait être à bout de privations, dit l'homme qui était médecin. Il ne fuit pas le plus léger mouvement et on dirait même qu'il ne respire plus.
Michel, de sa serviette, manœuvra l'automate qui remua les bras. 
Je crois que maintenant il commence une crise d"épilepsie, déclara le docteur. Il sera mieux à mon hôpital qu'ici. Je vais rester avec lui, pendant que vous allez téléphoner pour demander tout de suite une voilure d'ambulance.
Une des deux dames se précipita. Le docteur avait pris le bras de Manitou.
- Extraordinaire ! disait-il. Extraordinaire !


Du coup, Michel prit peur et, au lieu de manœuvrer Manitou de façon à le dégager, courut à la maison, à la recherche de son père. Celui-ci venait de rentrer. L’enfant, aussi essoufflé qu'inquiet, s'écria dès le seuil :
- J’ai trouvé douze francs pour le déjeuner ; mais Manitou est à I'hôpital.
- Manitou est à l'hôpital ? interrogea le savant, stupéfait.
L'enfant confessa sa faute et les fâcheux résultats qu'elle avait eut.
- Malheureux! hurla Kokoupof en allongeant une maîtresse gifle à son rejeton.
Il se précipita au dehors et arriva au lieu désigné par Michel au moment où, dans un grand rassemblement de badauds, Manitou était hissé dans une voiture, d'ambulance. Quatre fort gaillards avaient grand mal à terminer l'opération.
- Il serait en plomb quo cela ne m'étonnerait pas, dit l’un d'eux.
- Ce bonhomme est un phénomène, s’exclamait le médecin. Il faut tout de suite que j'aille même à l'hôpital pour l'étudier à fond.
Et, à l'infirmière qui se trouvait à l’intérieur de la voiture, il commanda :
- Faites-lui respirer des sels,. Il est évanoui.
Une sueur froide glaça le dos de Kokoupof. Il ne lui restait plus qu'à suivre l'ambulance jusqu'à l'hôpital. Il héla un taxi.
- Ne perdez pas de l'œil cette voiture, ordonna-t-il au chauffeur.
Tout alla bien jusqu'à une centaine de mètres de l'hôpital, où l’inexorable bâton blanc d’un agent arrêta, le taxi. Furieux, Kokoupof faillit hurler des imprécations à l'adresse du représentant de l'autorité ; ce qui n'eût pas arrangé les choses. Il se contint heureusement et arriva à hôpital au moment où Manitou, déjà saisi par des mains vigoureuses d’infirmiers était placé sur un lit où il. allait être déshabillé.


Kokoupof ayant sauté de voiture, se rua dans l'hôpital, courant de toute la vitesse de ses jambes si hurlant :
- Où avez-vous mis le nouvel arrivant ? Où est-il ? Ou est-il ?
- Qu'est-ce que c’est ? Qu’est-ce que c’est ? Un peu moins de bruit. Il y a ici des malades, criaient des voix, devant de*s portes qui s'étaient ouvertes précipitamment.
Mais le savant russe n’écoutait rien.
Il galopait dans les couloirs et dans les salles, bousculant les gens qu’il rencontrait. Affolé, il continuait à glapir :
- Où est-il ? Où est-il ? Enfin, il atteignit la salle où plusieurs personnes entouraient le lit de Manitou. Son irruption intempestive amena ces gens à se retourner, tandis que tous les malades de la pièce se dressaient sur leur séant.
- Attendez ! Attendez ! ne touchez pas à mon fils I commanda d’une voix tragique Kokoupof.
Essoufflé par .sa course, tremblant à la peur de perdre le secret de son automate, le savant se trompa dans le maniement de sa serviette, et l’on entendit Manitou glapir les paroles du disque qu’il avait dans la poitrine : « Garde à vous ! Fixe ! »
La stupeur générale n'était pas calmée que l’automate s’était relevé et, comme Kokoupof dansait de joie, il fit aussi danser Manitou.
- Attention, ce sont des fous ! cria-t-on.
Mais ces fous rejoignirent en vitesse, sans pouvoir être rattrapés, le taxi qui attendait à la porte. La course coûta en tout les 12 francs qu'avait ramassés Michel, et Kokoupof n'ayant pu trouver d’autre argent ce matin-là, il se passa de déjeuner ainsi que son fils et Ragouski qui n'en pouvait mais.

H. de Bruguière


Source: Gallica

mardi 10 avril 2012

Un retardataire en 1950 ( anticipation de 1904)

Grâce aux moyens modernes de locomotion aérienne, vous serez toujours ponctuel !

"Strip" publié dans Le Pèle-Mêle daté du 7 avril 1904
ArchéoSF a publié d'autres dessins et textes extraits de ce périodique humoristique:
Le Progrès à la ferme ( dessin )
La Fin d'un Soleil de E. Top ( texte dans lequel les Martiens nous volent le Soleil!)
Source: Gallica

lundi 9 avril 2012

Marc Andiol, Le Paradis de l'homme (1) [ La Revue Universelle ]

La Revue universelle proposait des critiques des livres parus. On y trouve toutes sortes d'ouvrages des manuels pratiques aux romans. On peut donc parfois y lire quelques lignes ou même pages complètes sur des ouvrages relevant de l'anticipation et de la science-fiction.
Marc Andiol est l'auteur du livre Le Paradis de l'homme, roman des temps prochains ( éditions Perrin et Cie, 1903). A lire le nombre de critiques parues dans les revues et journaux les plus divers, le roman connu, à n'en pas douter, un certain succès... nous y reviendrons la semaine prochaine.


Le Paradis de l'homme par Marc ANDIOL. L'illustre savant Astié ayant offert une place à son ancien élève Jean Randal dans la cité du Nouvel-Eden (Mélanésie), qu'il vient de fonder en l'an de grâce 2003, celui-ci, quelques jours après, quitte avec sa jeune femme Marie la maisonnette de Montbars s'abrite leur bonheur. Et, certes, ce qu'ils voient là-bas méritait le voyage, quarante heures d'un glissement très doux en aéromobile. La société nouvelle les émerveille par la rectitude et la simplicité de son mécanisme. Seul pontife, seul banquier, seul industriel, seul commerçant, seul propriétaire foncier, seul employeur, l'État se charge non seulement d'assurer la subsistance des citoyens, mais encore de pourvoir à leurs plaisirs, de satisfaire leurs aspirations aussi bien que leurs besoins, de les rendre parfaitement heureux. Pourtant les Edéniens,après quelques années de ce bienfaisant régime, commencent à donner des signes de fatigue. Les voici, chose absurde, chose irritante, qui trouvent leur vie fastidieuse, qui soupirent après des félicités chimériques. Plusieurs se suicident, un grand nombre s'évadent. Astié n'y comprend rien. Quant à Jean et à Marie, ils abandonnent, suffisamment édifiés, l'île merveilleuse, et, revenus dans leur petit chalet rustique, y trouvent le véritable paradis. Et telle est l'histoire que nous raconte M. Marc Andiol, un peu longuement parfois, mais avec assez d'esprit le plus souvent et assez de verve pour que nous ne lui en voulions pas trop de la manière très irrévérencieuse dont il traite la science, le progrès, voire les intellectuels.

La Revue Universelle, 1903

samedi 7 avril 2012

Propos en l'an 2000 ( 1904 )

Continuons notre exploration des caricatures et dessins humoristiques parus dans le journal Le Pêle-mêle avec ces propos en l'an 2000 où l'on constate que le ciel est bien encombré...


Le Pêle-mêle n° 30, 10e année, 24 juillet 1904
Source: Gallica

vendredi 6 avril 2012

ArchéoSF accueille Lignées #vasescommunicants

Dans le cadre des Vases Communicants, ArchéoSF accueille Samuel Dixneuf (@Heraclite sur Twitter) qui tient le blog Lignées avec le texte qui suit. Invitation au rêve et à l'ailleurs.

Rêver au passé comme on songe à l'avenir
Songer à l'avenir comme on rêve au passé
Aller au bord de l'abîme
Jambes flageolantes
Chérir le frisson délicieux
Toujours chercher l'Apocalypse
Dépasser, arracher, trépasser
Rêver de révolte
Ecrire des guides pour l'apprivoiser
L'horreur, tendre ennemie
Rêver le corps
Enfin
Héroïque, décuplé, dépassé
Ne te lasse pas, dit-il,
De regarder
Ailleurs...

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Merci à Samuel

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D'autres textes à lire dans le cadre des vases communicants :
François Bonneau http://irregulier.blogspot.com/ et Jean-Christophe Croshttp://www.boat-a-idee.com/
Colette Maillard http://www.annajouy.ch/ et Christophe Sanchez http://www.fut-il.net/