vendredi 30 septembre 2011

A. Larbalétrier, Fantaisie entomologique: L'enterrement d'une taupe

Le 28 septembre, le blog de Gallica annonçait la mise à disposition de numéros de La Science illustrée un hebdomadaire  de vulgarisation scientifique créé en 1875. Un message personnel de l'équipe de Gallica (ben oui, l'équipe de Gallica m'envoie des messages :-) ) m'a orienté vers cette publication avec ce tweet:


 Il faut dire que, sur le blog de Gallica, on trouve cette belle image annonçant la publication du roman scientifique Les Secrets de Monsieur Synthèse de Louis Boussenard. Ce ne pouvait qu'être un double appel à ma curiosité.
scill.jpg (1024×1458)
La recherche dans les périodiques est fastidieuse. Quelques ouvrages de références mentionnent bien tel ou tel conte, nouvelle, anticipation ou roman mais tant reste à découvrir... Citons une nouvelle fois le travail de fourmi conduit par Jean-Luc Boutel sur son blog Sur l'Autre face du monde (avec notamment une partie "En feuilletant les revues", les contributeurs du forum BDFI notamment pour la partie Imaginaire ancien, le site Gloubik sciences qui propose des articles extraits de revues scientifiques anciennes (dont quelques fictions), ajoutons des revues comme Le Rocambole ou le Visage Vert (et nous sommes loin d'être exhaustif). Malgré tout cela, nombre de textes dignes d'intérêt restent quasi-inconnus.

A l'invitation de Gallica, j'ai donc commencé à parcourir méthodiquement les périodiques mentionnés dans l'article et me suis penché sur la Science Populaire (en partant de la fin). En voici un premier extrait qui tient plus de la vulgarisation que de la véritable fiction mais qui ne méprise pas la poésie scientifique (1).
Je reviendrai prochainement sur La Science Illustrée qui contient des romans, contes et nouvelles scientifiques.

Le texte qui suit est-il de la science fiction? Si l'on se réfère aux oeuvres de l'âge d'or américain, assurément non. Si on se place du côté de l'héritage vernien qui veut transmettre des connaissances sous le plaisant masque de la fiction, alors oui... un peu... Il y a quelque chose de ce "merveilleux scientifique" dans cette courte fiction qui admet une sorte d'instinct animal proche de l'humanité face à des comportements d'humains bien peu... humains. Nous ne trancherons pas ce débat (même si pour moi ce ne peut être de la science fiction, plutôt un conte d'inspiration scientifique) et nous plongerons dans ce charmant texte d'A. Larbalétrier publié dans La Science Populaire n° 153 daté du 18 janvier 1888.



FANTAISIE ENTOMOLOGIQUE
L'enterrement d'une taupe

« .... la nature est éternellement jeune,
belle et généreuse.
Elle verse la poésie et la
beauté à tous les êtres,
à toutes les plantes
qu'on laisse
s'y développer à souhait.
Elle possède le
secret du bonheur et
nul n'a su le lui ravir. »
G. SAND.

C'était au mois d'avril, le soleil se jouant dans les branches semblait embraser de ses feux la forêt tout entière. Non loin de celle-ci, dans une vaste prairie, s'étalait un tapis de verdure dont l'uniformité n'était guère interrompue de distance en distance que par l'éclatante blancheur d'une marguerite ou la sombre tache d'une taupière fraîchement remuée; car le printemps avait agi sur tous les êtres, animaux et végétaux revenaient à la vie et lentement s'acheminaient à la recherche de cet inconnu qu'on appelle le bonheur. L'homme seul semblait y mettre entrave ; seul le Roi de la Création n'avait pas compris ce sentiment si noble de la nature en fête.
Un paysan avait passé dans la prairie et, sacrifiant tout à ses intérêts, il avait ravagé bon nombre de taupinières, donnant ainsi raison aux beaux vers de Musset :
Quand le paysan sème et qu'il creuse la terre
Il ne voit que son grain, ses boeufs et son sillon.
Rien n'avait pu toucher le coeur du bourreau, les pauvres taupes gisaient là : inertes, la taupe est si nuisible!... et l'argent est si bon, pour l'homme sans coeur qui lui sacrifie tout., jusqu'à son amour. Car maintenant, ce sentiment même disparaît devant l'idée d'une... dot; comme le dit J. Sandeau : « l'amour qui autrefois enfantait des prodiges, acquitte aujourd'hui des factures. »
Près de la lisière du bois, une taupinière présentait aux rayons dorés du soleil, le corps mutilé d'une jeune taupe que la mort avait dévorée au sortir du berceau. Pauvre bête ! un instrument meurtrier, invention des humains, lui avait brisé la tête. Autour du petit cadavre bourdonnait une foule d'insectes aux formes et aux couleurs variées, tous avides des restes de l'infortuné mammifère.
Bientôt se détacha de la nuée un groupe de gros scarabées qui se précipita sur la morte comme pour en prendre possession à titre exclusif. En effet, peu de temps après, les autres insectes s'éloignèrent. Ces scarabées, amis de la mort, m'intéressaient au plus haut point ; n'ayant rien d'autre à faire ce jour-là, je m'asseyai près de la taupinière, et j'observai ce petit monde à la fois si terrible et si beau.
Comme je le vis plus tard, ces petites bêtes ne venaient ni pour aider ni pour consommer le meurtre de l'homme, leur rôle était plus noble, ils venaient ensevelir la victime. Les voyant à l'oeuvre, j'eus presque honte d'appartenir à l'humanité, car, en enterrant le cadavre de la taupe, les insectes préservaient l'homme de maux terribles, qui, d'ailleurs,n'auraient été que le juste châtiment de sa cruauté. Peut-être me taxerez-vous d'exagération et de fanatisme, pour un zoologiste surtout, mais que voulez-vous, les uns sont trop sensibles, les autres pas assez. Le monde est ainsi fait. Dans les insectes précédemment cités, j'avais aisément reconnu les lugubres nécrophores, coléoptères pentanières aux formes étranges, longs d'environ deux centimètres. Les yeux gros et saillants, le corselet arrondi et robuste, les elytres cornées ou plutôt trapézoïdales rayées de deux bandes orangées, donnaient à ces lugubres croque-morts un aspect singulier. Leur vol était rapide et ils dégageaient une forte odeur musquée qui, paraît-il, leur sert à s'attirer entre eux pour assurer la .conservation de l'espèce.
Ces coléoptères ont de tout temps attiré l'attention des observateurs, et à juste titre. Bon nombre de descriptions plus ou moins longues ont été publiées sur leur organisation, leurs moeurs, etc., mais personne jusqu'ici à mon avis du moins, ne les a mieux caractérisés que Michelet.
« La nature, dit-il, à qui ils sont si utiles, les a traités en véritables favoris, les honorant de beaux habits et les rendant industrieux, ingénieux dans leurs fonctions. Chose remarquable, avec ce métier sinistre, loin d'être farouches, ils sont remarquablement sociables au besoin. »
Ces insectes, au nombre d'une douzaine environ, après avoir longuement examiné et contemplé le cadavre de la taupe, comme pour en estimer le poids et le volume, se glissèrent en dessous et bientôt disparurent à mes yeux. J'étais fort intrigué car le sol, en cet endroit, légèrement rocailleux, devait être peu favorable à un enfouissement ; mais ceci n'arrêta pas les petits travailleurs. Au bout de quelques instants je vis le corps de la taupe se mouvoir lentement, soulevé par les robustes insectes. La taupe parcourut ainsi quelques centimètres, après quoi les porteurs s'arrêtèrent sur une partie meuble.
Les nécrophores reparurent bientôt, et de nouveau examinèrent le cadavre. J'attendais anxieux et fasciné ; en ce moment l'amour de la nature dominait tout mon être, j'étais séparé du reste de la terre et mon âme tout entière avait passé dans le corps de ces insectes. Un petit bruit qui se fit entendre derrière moi, me fit revenir à la réalité, je me retournai et vis une charmante petite fille d'une dizaine d'années, compagne habituelle de mes promenades scientifiques et qui, dans son ignorance naïve, ne pouvait comprendre ma ténacité à contempler le cadavre d'une taupe.
J'étais bien aise de pouvoir montrer cet intéressant tableau à une enfant de cet âge, car c'est toujours un spectacle édifiant que celui des merveilles de la nature. La petite ayant examiné le corps meurtri de la taupe, son bon coeur se révéla tout de suite à moi, car une larme, une grosse larme d'enfant coula sur sa joue ; sacrifiant ses jeux enfantins, elle resta près de moi haletante, le cou tendu, les yeux flamboyants suivant avec intérêt tous les mouvements des petits nécrophores. De temps à autre, une larme ruisselait dans ses beaux yeux. C'était déjà un tendre coeur de jeune fille qui se révélait dans cette charmante enfant.
Nous vîmes bientôt la taupe s'enfoncer peu à peu dans la terre que les insectes infatigables continuèrent à miner et à creuser en dessous.
Le petit cadavre ne tardait pas à disparaître entièrement et nous quittions alors cet endroit charmant, plaignant la pauvre taupe et admirant l'intelligence des lugubres nécrophores.

A. LARBALÉTRIER.

(1) la citation en exergue devrait parler à certaines... ;-)

jeudi 29 septembre 2011

José Germain, La Ville sous les bombes ( anticipation - 1936 )

En 1936, le souvenir de la Première Guerre Mondiale et de ses gaz est vivace et l'on s'inquiète des visées expansionnistes d'Adolf Hitler.


Face Au Péril Aéro-Chimique : La Sécurité Chez Vous Sans Masque Sans Abri de Bruere, Paul
C'est dans ce contexte qu'est publiée l'anticipation La Ville sous les bombes de José Germain (Editions Médicis). Le texte est recueilli dans Face au péril aéro-chimique de Paul Bruère et Georges Vouloir qui comprend plusieurs parties consacrées aux effets des gaz, à la reconnaissance de ces gaz, aux précautions à prendre pour créer un abri anti-chimique ou encore des conseils pratiques sur les masques à gaz ou les moyens de se prémunir au mieux de leurs effets même sans abri ou masque à gaz.
La Ville sous les bombes, seul texte de fiction du volume, nous montre des Parisiens goguenards devant les prophéties d'un témoin ancien combattant de la Grande Guerre. Le journal de ce témoin livre ses angoisses devant la montée du péril jusqu'à l'attaque brusque de l'aviation nazie.
Chaque jour, ce témoin prévient ses concitoyens que le péril aéro-chimique plane. Face à ce Cassandre, personne ne réagit (hormis en riant). Quand l'attaque a lieu, il est pourtant surpris, il trouve refuge dans le métro mais sait qu'il faut quitter les lieux rapidement car le gaz va descendre dans les galeries et surprendre les occupants. Si tout le monde se moquait de lui, il trouve des voisins chez lui qui ont profité de l'abri.
La nouvelle a évidemment un seul objectif: montrer les effets de l'impréparation de la France contre l'utilisation des gaz contre les civils.

De nombreuses illustrations agrémentent l'ouvrage et celles concernant la partie fiction sont particulièrement anxyogènes.

Si José Germain (pseudonyme de Jean-Germain Drouilly, 1884-1964) refuse le pacifisme et pense que pour avoir la paix, il faut préparer la guerre (si le pays est prêt à affronter la menace aéro-chimique, la menace s'effondre), son parcours politique le conduira néanmoins vers la collaboration en étant un fervent soutien du Maréchal Pétain pendant l'Occupation si l'on en croit la page que Wikipedia lui consacre.

Pour en savoir plus:
Jean-Marie Moine , « Un mythe aéronautique et urbain dans la France de l’entre-deux-guerres : le péril aérochimique », Revue historique des armées , 256 | 2009 , mis en ligne le 28 juillet 2009. URL : http://rha.revues.org/index6818.html. Consulté le 28 septembre 2011. L'article évoque plusieurs fictions sur le thème du péril aérochimique.

Source de l'image "Un nouveau masque contre les gaz, agence Meurisse, 1934": Gallica

lundi 26 septembre 2011

Le Figaro, supplément littéraire du 5 novembre 1881: REVUE ELECTRIQUE

Le Figaro proposait entre 1876 et 1929, un supplément littéraire paraissant le dimanche. Certains numéros sont thématiques et intéressent les amateurs d'anticipation ancienne comme celui daté du 5 novembre 1881  ayant pour titre "Revue électrique". Dans ces quatre pages se mêlent science, technique et fantaisie anticipatrice...



Source: Gallica

samedi 24 septembre 2011

Photographies anciennes et anticipation sur La Boîte verte

Le site La Boîte verte propose régulièrement des séries d'images d'anticipation ancienne.

Quelques exemples avec:

Les Monstres du passé (" Matthew Buchholz revisite des illustrations anciennes en leur ajoutant des monstres et des extraterrestres." )




L'an 2000 imaginé en 1910



vendredi 23 septembre 2011

Joseph Méry, "Histoire de ce qui n'est pas arrivé" (uchronie napoléonienne)

Et si le prisonnier de Sainte-Hélène s'était échappé?
Et si l'exilé de l'île d'Elbe avait réussi Les Cent-Jours?
Et s'il avait remporté la bataille de Waterloo?
Et si l'Empereur avait abdiqué en faveur de l'Aiglon?
Et s'il avait été assassiné?
Et si Napoléon Ier était resté à Moscou?
Et s'il avait envahi l'Angleterre?
Et si le Coup d'État du 18 Brumaire avait échoué?
Et si Bonaparte avait été guillotiné?
Et si le Petit Caporal était tombé sur le Pont d'Arcole?
Et si Napoleone di Buonaparte avait rejoint la cause corse de Paoli?

Les uchronies napoléoniennes ne manquent pas. Napoléon Bonaparte est l'une des sources d'inspiration les plus courantes dans le genre uchronique.

Retournons aux origines des histoires alternatives avec
« Histoire de ce qui n'est pas arrivé » de Joseph Méry dont la dernière édition date de 1859.

Découvrons le destin d'un Napoléon Bonaparte, général de la Révolution, enlevant Saint-Jean d'Acre en 1799 et poursuivant vers l'Orient sur les pas d'Alexandre le Grand.
La campagne d'Egypte, si elle eût été différente, toute la face de la terre aurait changé...


Présentation de l'éditeur:
 "Et si..."
La science-fiction invente des récits à côté du réel, ou qui le prolongent. Elle peut s'en aller dans le futur, inventer des mondes. Mais qui l'empêche, sur ce même principe, de refaire l'histoire ?
Alors on revient sur le bivouac du jeune Bonaparte, devant Saint-Jean d'Acre, et de cette tour qui résista à 60 de ses assauts. Qu'elle eût été prise, la face du monde pouvait changer : une autre relation orient-occident naître.
C'est une des toutes premières "uchronie" que nous présente Philippe Ethuin, pour le 3ème opus de notre collection ArchéoSF : un virage décisif pour l'histoire de la science-fiction elle-même.
Joseph Méry est souvent cité, mais cette "Histoire de ce qui n'est pas arrivé" n'avait jamais été rééditée depuis 1859... La voici en numérique, introduite, commentée et annotée par Philippe Ethuin. 
Livrel (112 pages avec présentation et préface) désormais disponible aux éditions e-styx pour 2,99 euros ! 
A lire en ligne & à télécharger au format PDF, mobipocket ou ePub (sans DRM).

jeudi 22 septembre 2011

Ditis Science Fiction (1960) : le space opera en couverture(s)

ditis.jpgEn 1960, les éditions Ditis, plutôt spécialisées dans le policier et l'espionnage, publièrent une courte série de huit titres avec la mention Science fiction.
La numérotation des ouvrages suit celle de Ditis ce qui fait qu'il ne s'agit pas à proprement parler d'une collection, plutôt un essai dans le domaine science fictif.
On appréciera les superbes illustrations de couverture (et non je n'ai pas encore tout relu mais ça viendra prochainement dans un autre cadre).

161. Andrew North, Les naufrageurs de l'espace
163. E. C. Tubb, Objectif Pollux
165. Calvin M. Knox, Complot contre la Terre
167. Andrew North, Fusées en quarantaine
171. John Brunner, Les négriers du cosmos
179. Murray Leinster, Sabotage sur la Lune
186. Lee Correy, Fusée de contrebande
189. Murray Leinster, La planète oubliée

L'orientation est clairement space / planet opera et Frédéric Ditis, le directeur des éditions, s'appuie sur des valeurs sûres. 
Sur le forum BDFI, l'illustrateur Jeam Tag nous conte cette histoire (et ça répondra à une question de Lhisbei) à propos de Serge Lehman, Calvin M. Knox et Robert Silverberg (les deux derniers étant une seule et même personne, pseudonymat oblige):

Lehman aimait à citer le Silverberg comme découverte de la Sf... Et je me souviens de la tête de l'auteur quand c'est justement ce titre là (faute d'avoir su choisir l'un de ses grands titres) que je lui avais fais dédicacer à Nancy! (mais comme je l'ai déjà raconté, c'était en fait Silverberg lui-même qui avait déterminé ce choix parmi les quelques ouvrages que j'avais apportés : sa conférence portait sur les "passeurs", dans l'idée qu'un lecteur en découvrant son récit s'écrie "putain, c'est ce genre d'histoire que je veux écrire!". Comme c''était en ces termes que Lehm citait "Complot contre la Terre", lorsqu'il m'avait fait découvrir cette collection, il y a..pfff, le choix s'imposait de lui-même).

Ce billet est publié dans le cadre du challenge Summer Star Wars lancé par Lhisbei.


Source des images: BDFI

[essai] Space Opera! L'imaginaire spatial avant 1977

space opera.jpg
Space opera! Un continent littéraire à lui tout seul que ce sous-genre de la science fiction que le grand public assimile volontiers au genre lui-même. A travers 21 articles (plus une introduction de AF Ruaud et Vivian Amalric et une préface de Gérard Klein), le volume étudie ce thème majeur dans la littérature, le cinéma et la bande dessinée. Sans doute l'histoire du space opera est-elle un peu vite expédiée mais la mise en perspective est intéressante. Il ne s'agit pas de tout le space opera (serait-ce possible?) mais d'un ensemble de visions, de coups de projecteur sur une oeuvre, un auteur, une période. les amateurs d'anticipation ancienne seront un peu frustrés mais ce n'est pas le propos du livre (on se reportera à L'Exploration imaginaire de l'espace de Lucian Boia pour les périodes plus anciennes).


Massivement dominé par la littérature anglo-saxonne, le space opera qui nous est présenté aborde Doc Smith, Asimov, van Vogt, Anderson,... tous les maîtres sont convoqués. Le cinéma n'est pas oublié avec les vieux serials et Star Trek.
Roland C. Wagner rompt un peu avec Louis Thirion et la collection Anticipation du Fleuve Noir.
Essai kaléidoscopique que ce Space opera! dans lequel aussi bien les novices que les amateurs trouveront leur bonheur au détour des articles et en admirant l'abondante iconographie. Bonne introduction au genre mais aussi essai très informé sur des aspects peu connus (de moi en tout cas).

Isil et Guillaume44 en ont parlé.

Ce billet est publié dans le cadre du challenge Summer Star Wars lancé par Lhisbei.

mercredi 21 septembre 2011

Cyrius, Les Robinsons de la planète Mars

Couverture


Couverture

Il existe plusieurs éditions et versions des Robinsons de la planète Mars et l'on doit à Apex/Périodica d'avoir réédité pour la première fois en volume celle datant de 1925 initialement parue dans la Magazine illustré national avec des illustrations d'H. Lanos, l'un des grands illustrateurs de SF ancienne.
La première version, en deux volumes, est parue en 1908 sous le titre générique Aventures Merveilleuses de Serge Myrandal avec un premier volume intitulé Sur la planète Mars et un second Les Robinsons de la planète Mars. Tallandier a repris en 1927 l'édition en volume mais sans les illustrations de H. Lanos évidemment.

Quelques courageux aventuriers se lancent vers Mars. Ils possèdent une technologie qui ressemble fort à la cavorite d'HG Wells qui permet de faire voyager dans l'espace les Velox (astronefs). Après moultes péripéties (on découvre un vrai bestiaire martien : "c'est un poisson, affirmait-elle, un poisson de forte taille. Il bondissait comme un saumon, et avait un peu cette forme, sauf qu'il était couvert, non pas d'écailles, mais de poils, une espèce de fourrure luisante..."), il faut se rendre à l'évidence: les Terriens arrivent trop tard, les Martiens se meurent: C'était des troglodytes de Gnomopolis, les derniers Martiens, les derniers Martiens, évidemment rassemblés là pour guetter sur le Vélox la première apparition des habitants du ciel". Et juste avant s'est lamenté le Martien polaire: "Zoa, Zoa, tu viens trop tard! Les derniers hommes de Mars, Troglodtes, achèvent de s'enfoncer dans la terre".

Ces histoires de rendez-vous ratés ne manquent pas dans le domaine du space opera, y compris ancien...

Ce billet est publié dans le cadre du challenge Summer Star Wars lancé par Lhisbei et du Défi martien de Guillaume.

mardi 20 septembre 2011

Léopold Massiera, Les Troupeaux de la Lune


AU XXIIe siècle, l'homme n'a pas encore été sur la Lune mais le voyage est proche. Depuis les années 1950, on a repéré des taches mouvantes à la surface du satellite: bisons? fourmis? végétation? insectes inconnus? Les hypothèses sont multiples et rien ne vaut une visite in situ pour les vérifier et enfin connaître la vérité.
C'est à partir de Koufra, ville immense implantée sur les bords de la mer saharienne (un clin d'oeil à Jules Verne et à son roman L'Invasion de la mer) que va s'élancer la première expédition lunaire.
L'expédition, française!, va partir sur la Lune. A son bord savants et jeunes gens. mais arrivés sur le satellite, le danger n'est pas absent et on ramène des traces d'une vie qu'il est nécessaire de détruire dans une grande explosion.
Sur le thème classique du retour sur Terre avec à son bord une entité extra-terrestre dangereuse (Alien n'est pas autre chose), Les Troupeaux de la Lune propose un intéressant divertissement mettant en scène l'espace proche...

Ce billet est publié dans le cadre du challenge Summer Star Wars lancé par Lhisbei 

dimanche 18 septembre 2011

La Bibliothèque du Rocambole

La revue Le Rocambole, éditée par l'Association des Amis du Roman Populaire, a aussi son site internet

Sur ce site, des ouvrages rassemblés dans La Bibliothèque du Rocambole vont prochainement être disponibles avec des catégories comme les oeuvres de Ponson du Terrail, de Jules Verne, de Georges Le Faure, de Fortuné de Boisgobey, de Paul d'Ivoi, d'André Laurie, des romans scientifiques et de romans de la Grande Guerre. Romans policier, de cape et d'épée, d'aventures, de voyages extraordinaires ou d'anticipation seront progressivement mis à la disposition des lecteurs sous format numérique ou papier avec des introductions par les meilleurs spécialistes.

Pour patienter et pour découvrir cette Bibliothèque du Rocambole, on peut parcourir des extraits du n° 48-49 de la revue Le Rocambole consacré à vingt-cinq ans de recherches sur la littérature populaire. 

Jules Verne, Autour de la Lune

Autour de la Lune est la suite de De la Terre à la Lune. Jules Verne nous expliquait comment s'extraire de l'atmosphère terrestre - par un moyen scientifiquement douteux car l'obus n'est pas une fusée. Il va maintenant nous narrer le voyage de Nicholl, Barbicane et Michel Ardan à travers l'espace qui fait le tour de notre satellite pour revenir ensuite sur Terre (alors que ce n'était pas exactement prévu). 


On s'amusera devant l'équipement intérieur de la "cabine", on s'ennuiera peut-être en lisant certaines discussions entre les trois astronautes, on sera surpris de la fantaisie développée dans la description des Sélénites. Mais Jules Verne reste prudent:
"Barbicane connaissait cette opinion du sélénographe allemand, opinion partagée par MM. Beer et Moedler. Il constata que l'observation leur donnait raison contre certains astronomes qui n'admettent que la coloration grise à la surface de la Lune. En de certains espaces, la couleur verte était vivement accusée, telle qu'elle ressort, selon Julius Schmidt, des mers de la Sérénité et des Humeurs. Barbicane remarqua également de larges cratères dépourvus de cônes intérieurs, qui jetaient une couleur bleuâtre analogue aux reflets d'une tôle d'acier fraîchement polie. Ces colorations appartenaient bien réellement au disque lunaire, et ne résultaient pas, suivant le dire de quelques astronomes, soit de l'imperfection de l'objectif des lunettes, soit de l'interposition de l'atmosphère terrestre. Pour Barbicane, aucun doute n'existait à cet égard. Il observait à travers le vide et ne pouvait commettre aucune erreur d'optique. Il considéra le fait de ces colorations diverses comme acquis à la science. Maintenant ces nuances de vert étaient-elles dues à une végétation tropicale, entretenue par une atmosphère dense et basse ? Il ne pouvait encore se prononcer."


Michel Ardan tient à voir de la végétation, des champs cultivés, des rangées d'arbres. Il est rappelé à la science par Barbicane:

« Pourquoi, dit-il, ces inexplicables apparences ne seraient-elles pas tout simplement des phénomènes de végétation ?-Comment l'entends-tu ? demanda vivement Barbicane.-Ne t'emporte pas, mon digne président, répondit Michel. Ne pourrait-il se faire que ces lignes sombres qui forment l'épaulement, fussent des rangées d'arbres disposés régulièrement ?-Tu tiens donc bien à ta végétation ? dit Barbicane.-Je tiens, riposta Michel Ardan, à expliquer ce que vous autres savants vous n'expliquez pas ! Au moins, mon hypothèse aurait l'avantage d'indiquer pourquoi ces rainures disparaissent ou semblent disparaître à des époques régulières.-Et par quelle raison ?-Par la raison que ces arbres deviennent invisibles lorsqu'ils perdent leurs feuilles, et visibles quand ils les reprennent.-Ton explication est ingénieuse, mon cher compagnon, répondit Barbicane, mais elle est inadmissible.-Pourquoi ?-Parce qu'il n'y a, pour ainsi dire, pas de saison à la surface de la Lune, et que, par conséquent, les phénomènes de végétation dont tu parles ne peuvent s'y produire.

Il faudra en rester là. 
D'autres auteurs ont donné et donneront encore après Jules Verne de la vie lunaire comme Pierre de Sélènes dans Un Monde inconnu: deux ans sur la Lune (1896). Pour Jules Verne, seules des preuves scientifiques sont défendables. Il expose bien des théories contradictoires sur ce point mais en prenant soin de citer ses sources et de ne pas trancher sur les questions de l'atmosphère ou de la végétation sur l'autre face de la Lune. Et l'on se prend à rêver comme Michel Ardan...


Ce billet est publié dans le cadre du challenge Summer Star Wars lancé par Lhisbei.



samedi 17 septembre 2011

André Romane, La plus belle conquête

Sur André Romane (1888-1941), on sait peu de choses. Claude Herbulot, inlassable chercheur d'alias, récemment disparu, donnait comme patronyme André Minot. Il a aussi écrit sous le pseudonyme Jean de Lozère.
Ecrivain populaire publié par Tallandier notamment pour des novélisations de film, on lui doit aussi un petit conte dans la veine préhistorique "La plus belle conquête" paru dans Le Petit Journal illustré daté du 1er février 1931. Ce texte a été repris dans le Bulletin des Amateurs d'Anticipation Ancienne n°30 en 2002.

ArchéoSF propose un fac-similé du conte tel qu'il parut en 1931 dans sa rubrique téléchargement.


Il s'agit du dixième texte d'anticipation ancienne publié par ArchéoSF.
Merci de vos réactions, remarques, critiques et suggestions.

vendredi 16 septembre 2011

Jean d'Orsay, Voulez-vous savoir comment l'on vit dans la planète Mars

Au XIXe et au XXe siècles la question l'habitabilité de Mars semblait positivement réglée. Le 21 février 1912, en première page du grand quotidien Le Matin, on pouvait lire le texte qui suit dans lequel une haute autorité scientifique expliquait même la vie sur Mars. Pétri des connaissances scientifiques, biologiques mais aussi de la religion de son époque, il livre là une vision somme toute logique mais très "terrocentriste". Le Matin offre en sus une illustration de Martien tout à fait intéressante.


Voulez -vous savoir comment on vit dans la planète Mars ?
Rien de plus simple, et M. Edmond Perrier, directeur du Muséum, va vous le dire

Nous savions déjà qu'il y avait des canaux dans la planète Mars. M. Edmond Perrier nous assure, aujourd'hui, qu'il y a là-haut toute une civilisation qui, si nous la connaissions, ferait honte à la nôtre. Le savant directeur du Muséum n'a pas vu cela dans les astres, comme vous le pourriez croire, mais tout simplement dans son cerveau de penseur. Il a imaginé, rêvé, vérifié. Et le résultat de ses trouvailles fut exposé par lui dans un opuscule récent La vie dans les planètes. Etait-il sérieux ? Avait-il voulu rire de nous, et de lui ? Nous aillâmes le lui demander, dans le pavillon qu'il habite au centre du Jardin des Plantes, comme, un dompteur-jardinier qui gouvernerait, en l'observant, un peuple d'animaux et une forêt d'arbustes.
M. Edmond Perrier est gai. C'est un savant qui fait et qui dit, en s'amusant, des choses très sérieuses, II parle avec rapidité, précision, élégance, et conte, avec un petit air dégagé, très impressionnant, un tas de choses précises et légères, documentées et paradoxales qui vous ravissent et vous déconcertent. C'est un savant, puisqu'il est membre de l'Institut, mais c'est aussi un humoriste. Il est délicieux.

- Un de mes amis, nous dit-il, me posa un jour, à brûle-pourpoint, cette question « Avez-vous jamais songé à la forme qu'ont les animaux, dans Jupiter ? Et voilà pourquoi, remontant aux origines de la vie, j'ai tenté de savoir. La vie qui anime la Terre anime pareillement les autres planètes. Parce qui se passe chez nous, nous pourrons deviner ce qui se passe ailleurs, en examinant les conditions précises où se trouve chaque planète par rapport à la nôtre ayant précisé et rien n'est plus facile leur position dans l'espace, leur situation d'atmosphère, de densité, leur état général, nous pourrons arriver à de sérieuses probabilités. Et ces études achevées, voici ce que j'ai conclu en pure logique:
« Sur les planètes les plus éloignées, il est impossible qu'il existe des êtres vivants, car aucun organisme n'a pu, par exemple, se former dans les mers alcalines de Jupiter, tandis que Mercure, trop près du Soleil. ne saurait engendrer la vie. Seuls Vénus, la Terre et Mars sont habitables ils sont ou seront habités. Je m'explique.
« Il y a une cause, l'existence de l'Univers, une cause qu'on ne peut nier et à laquelle il y aurait puérilité à refuser un nom tout simple Dieu. Dieu n'est pas un être de caprice, il a des lois de création définitives, éternelles. En nous éclairant à la lumière de ces lois, nous remarquerons que, chez Vénus, la température, les dimensions, la densité se rapprochent de la Terre les saisons y sont peu accusées cette planète est, aujourd'hui, dans les conditions de notre propre planète à l'époque primaire, parce que Vénus est plus jeune que la Terre il n'y a point encore d êtres humains,, mais des reptiles et des insectes énormes pareils à ceux de notre période carbonifère période d'attente, avec des plantes à fleurs ébauchées et qui, lentement, se développera. Vénus demeurera toujours plus chaude que la Terre et traversera plus tard les mêmes phases mais tout autre est Mars
Alors, Mars c'est la grande vie ? .-Mars, c'est la grande vie, intense, formidable Sa température moyenne n'est plus que de 9° au lieu de 26° sur la Terre, mais les écarts considérables dé température et l'évolution des saisons y provoquent un développement énorme des êtres et des choses. L'année de Mars a une durée double de la nôtre (668 jours 1/3), et les plantes ou les insectes disposent donc d'un temps double pour leur évolution herbes hautes, fruits gigantesques, et instinct d'autant plus parfait que la durée d'existence développe l'intelligence. Les oiseaux ont un luxuriant plumage ils sont vastes, parés de couleurs abondantes, et ils ont atteint un degré de perfection inconnu pour nous. Mars est donc le pays des plantes immenses, des fleurs somptueuses, des oiseaux à grande voix et aux magiques aspects, des mammifères à l'épaisse toison. Les animaux y sont légers, élancés, rapides, très hauts sur pattes, et les ours y ont pris l'aspect de prompts lévriers. C'est un pays d'enchantement !
Et les hommes ? Et les femmes ? Comment les voyez-vous ?
« La, faible tension atmosphérique a produit là-bas un développement considérable de l'appareil pulmonaire et l'allure générale des vertébrés martiens a été influencée par ce développement inconnu sur la Terre. Dès lors je conclus, que les hommes il y a des hommes, puisqu'il y a des animaux, donc des singes, qui ont évolué doivent être imaginés ainsi, conformes à la nécessité scientifique
« On peut imaginer que les hommes de Mars, grands parce que la pesanteur y est faible, blonds parce que la lumière y est atténuée, ont quelque chose, avec plus de gracilité des membres, de nos Scandinaves, et ont aussi probablement le crâne plus élargi.
Leurs yeux bleus sont plus grands et doués d'une faculté d'accommodation plus étendue leur nez est également plus fort, leurs pavillons auditifs plus grands. Leur tête volumineuse, leur vaste poitrine, leurs membres longs et grêles, l'absence de taille séparant le thorax de l'abdomen leur donnent un aspect général assez différent de celui que nous présentons leurs grands yeux, leur nez puissant, à narines mobiles, leurs larges pavillons auditifs constituent un type de beauté que nous n'apprécierions sans doute pas beaucoup moins qu'il ne nous charmât par un rayonnement d'intelligence que l'on pourrait qualifier de surhumain. Sans gorge, sans taille, pourvues de larges hanches proportionnées à la durée de la gestation, les compagnes des Martiens paraîtraient fort disgracieuses aux élégantes de nos boulevards. »

M. Edmond Perrier nous avait dit « Mars est le pays de la beauté. » Nous lui demandâmes s'il y croyait la vie harmonieuse et douce. Et il nous répondit qu'il voyait le Martien en possession de la plus splendide civilisation: il a laissé la Nature faire son œuvre et il a conquis de vivre en accord avec tout ce qui l'entoure les animaux ne le fuient plus et il n'a rien à en redouter ; les Martiens connaissent les plus nobles satisfactions intellectuelles et les plus suaves émotions.
Disant ces choses fabuleuses, M. Edmond Perrier souriait. Il ne riait pas, mais il souriait avec une gravité mystérieuse et il pensait assurément que nous devrons bien le croire, puisque nous ne pourrons aller voir.
Jean d'Orsay.



Source du texte: Gallica
Ce billet est publié dans le cadre du challenge Summer Star Wars lancé par Lhisbei et du Défi martien de Guillaume.

jeudi 15 septembre 2011

Jules Verne, 20.000 lieues sous les mers (1) (la salle des machines du Nautilus)

20.000 lieues sous les mers est l'un des romans les plus célèbres de Jules Verne. Les versions illustrées sont souvent fort jolies. Un exemple avec cette salle des machines du Nautilus que nous fait visiter le capitaine Nemo.

Fichier:20000 Nautilus engines.jpg

mardi 13 septembre 2011

Alfred Fritz, Astropolis (1955)



La collection Capatain W.E. Johns aux Presses de la Cité propose plusieurs oeuvres relevant de la science fiction comme L'Espion robot de Jupiter-9 de Paul French (c'est à dire Isaac Asimov). En voici un second exemple avec Astropolis d'Alfred Fritz.
On doit à l'auteur un autre roman de SF (au moins) Unsere Welt. : Der rätselvolle Bau d. Kosmos mais il n'a pas été traduit en français.

A titre tout à fait personnel, je trouve la couverture fort réussie, une invitation au voyage dans l'espace, sans doute sourira-t-on à cette esthétique qui rappelle un peu le Lego de l'espace mais bon...

La quatrième de couverture annonce la couleur: "L'histoire se passe en l'an 2005.
Un jeune garçon, Peter Hellmich, est invité à passer ses vacances chez son oncle, directeur de la station dans l'espace (station satellite) installée entre la terre et la lune. Le voyage en fusée atomique, les surprises causées par l'absence de pesanteur constituent déjà pour Peter de passionnantes expériences.
Mais que dire de la vie à la station elle-même? Tout y est organisé selon les dernières découvertes de la science à laquelle la disparition des guerres a fait faire un bond prodigieux.
Le progrès cependant n'a pas supprimé le danger. Le vol autour de la lune en est une preuve émouvante, et il y en a d'autres. Le lecteur sera captivé par ces épisodes parfois tragiques et souvent très amusants de la vie future.
ASTROPOLIS est un Jules VERNE de notre temps. Les perspectives que ce livre nous ouvre sur le monde physique se réaliseront-elles ?
Les jeunes lecteurs le diront peut-être un jour."

A peu près tout est dit sur l'histoire, assez faible. Finalement c'est la description de la vie à bord de cette station qui est la plus intéressante. Une originalité: tout le texte (la traduction?) est rédigé au présent de l'indicatif ce qui a pour effet de donner un rythme soutenu au livre. Nous apprécierons les mots et expressions comme "supraterrestres", "pistolet à réaction", "transport stratosphérique" ou le titre de ce chapitre "aventures dans l'espace libre interplanétaire"... pour le reste c'est de la littérature juvénile qui a vieilli mais qui garde un certain charme.


Ce billet est publié dans le cadre du challenge Summer Star Wars lancé par Lhisbei.

dimanche 11 septembre 2011

Paul French, L'Espion robot de Jupiter-9 (1958)

Il est une série qui a ses amateurs: Biggles, l'histoire d'un pilote écrite par William Earl Johns. Le Captain John a aussi donné son nom à une collection (dans laquelle furent édités nombre de Biggles) publiée en France par Les Presses de la Cité. On y retrouve de l'aventure et des ouvrages de science fiction juvénile comme L'Espion Robot de Jupiter-9 signé Paul French qui n'est autre que... Isaac Asimov.
Couverture
Je ne suis pas grand fan des livres d'Asimov. Je lui reconnais un apport important tant en tant que membre des Futurians qu'au niveau des idées et de la popularisation de la SF mais son écriture est souvent assez mauvaise (et encore les traductions françaises relèvent-elles le niveau à ce qu'il paraît).
L'Espion Robot de Jupiter-9 met en scène Lucky Starr (c'est un surnom) qui doit enquêter sur les fuites concernant un projet secret mis en place dans l'une des lunes de Jupiter. L'Agrav, un vaisseau révolutionnaire, utilise la pesanteur comme source d'énergie sur lequel les Siriens veulent mettre la main. Bien sûr il y a quelques moments intéressants comme le combat entre Lucky Starr et un ouvrier de l'usine dans un couloir "agrav", l'idée de grenouilles vénusiennes capables de lire dans les pensées, la description de l'usine et du centre de recherche dans les profondeurs de Jupiter-9 mais on s'ennuie tout de même avec ce mauvais livre d'espionnage spatial dont l'action se déroule dans un million d'années sans que grand chose ait changé depuis les années 1950...

Ce billet est publié dans le cadre du challenge Summer Star Wars lancé par Lhisbei 



vendredi 9 septembre 2011

Jean de la Hire, Le Mystère des XV



Couverture

Il y a peu j'évoquais l'essai d'Emmanuel Gorlier consacré au Nyctalope, personnage créé par Jean de la Hire et que l'on retrouve notamment dans La Brigade chimérique.
Le Mystère des XV participe du rêve de la conquête de Mars. L'histoire éditoriale de ce texte est assez complexe car l'édition la plus courante (c'est un façon de parler) chez Jaeger ne parle pas du Nyctalope! (source: essai d'Emmanuel Gorlier). Il faut donc soit aller chercher l'édition pré-originale dans Le Matin, soit se procurer l'édition originale.
Si j'ai bien tout suivi, le Mystère des XV devient le Mystère des XII chez Jaeger (on a perdu trois savants dans la réédition réécrite) auquel il faut ajouter Les Conquérants de Mars (sont-ils de nouveau XV?).

Toujours est-il que le Nyctalope lutte contre Oxus qui possède une technologie très évoluée issue de l'invasion martienne racontée par HG Wells dans La Guerre des Mondes afin de conquérir Mars et d'y établir une colonie de Terriens grâce à l'appui de 15 savants. Pour cela, il faut kidnapper quelques Terriennes pour assurer la survie de la colonie. 
On se battra donc sur Mars avec cette idée, tenace, que la Planète Rouge abrite une civilisation avancée.

Comme le note Brian Stableford dans sa préface et sa postface à l'édition américaine du Mystère des XV, le roman n'a pas reçu à l'époque l'accueil attendu. Pour une fois, Jean de la Hire était trop en avance dans sa présentation du sujet science fictionnel (il sait aussi être très conventionnel) pour rencontrer le public. A relire donc avec les yeux du XXIe siècle...



Ce billet est publié dans le cadre du challenge Summer Star Wars lancé par Lhisbei et du Défi martien de Guillaume.

jeudi 8 septembre 2011

J. Jacquin, Gens de la Lune (1932)

En 1932 la revue Lectures pour tous consacre son numéro de décembre aux "Féeries de l'avenir". On y voit Paris au XXIe siècle avec par exemple la PlaGe de la Concorde, Tombouctou en 2002, L'Atlantide il y a 10.000 ans et on y rêve de la conquête de la Lune avec "Gens de la Lune" de J. Jacquin.

En 1932, le théâtre est dépassé, les spectacles sont retransmis par "hypertélévision parlante et chantante" (même si le texte conserve la forme théâtrale avec didascalies et répliques).
Nysa et Jean sont fiancés, des fiançailles à la mode terrestre c'est à dire rapides, sur le mode de la communion d'intérêt plus que des coeurs. Il leur faut partir sur le Lune. L'astre de la nuit a été colonisé et les Terriens comptent y construire de vastes bâtiments comme "un hôtel de 600 mètres de large et de 300 mètres de hauteur" comptant 20.000 chambres, avec une piste de danse de 600 mètres sur 700 mètres, 800 jeux de roulettes ou un garage pour 1200 avions individuels,...
Sur la Lune la société n'est pas consacrée à l'action - à l'agitation - et au profit comme sur Terre. Incompréhension donc entre les humains de la vieille planète et ceux de la Lune. Par exemple Pierre explique à Nysa que les colons de la Lune ont reconstitué le charme terrestre d'antan ((la mère de Pierre vit dans une maison normande) et Nysa répond: "ce ne sont jamais que de l'herbe, de l'eau, des arbres et des pierres". Les Terriens manquent de poésie...
Cependant en une nuit, la vie de Nysa va être bouleversée...  Pierre lui a laissé Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand et la lecture qu'elle ne peut interrompre fait monter les larmes... Le rêve est nécessaire à l'être humain et seuls les Lunaires ont conservé la possibilité de l'émotion dont la plus grande manifestation est l'amour.... "[nous] avons pieusement conservé ce que vous avez rejeté, honni, gens de la terre: la rêverie, pays que chacun crée et meuble à sa fantaisie, où nous vivons à notre guise, où nous façonnons notre bonheur à notre idée. Car ce n'est pas vivre que remplir sa journée de gestes."


Ce billet est publié dans le cadre du challenge Summer Star Wars lancé par Lhisbei.